Présenté au BAMPFA (Berkeley Art Museum) du 18 septembre au 17 novembre 2019, MATRIX 274 est la première exposition solo de Kader Attia en Californie.

Depuis plus de dix ans, l’artiste franco-algérien Kader Attia s’est profondément investi dans la recherche et la documentation du concept de réparation en relation avec la guérison du traumatisme de la guerre. Cet intérêt découle de son étude permanente des histoires postcoloniales et de sa réflexion sur les futurs possibles des sociétés anciennement colonisées. En effet, le travail d’Attia pose la question suivante : comment les individus et les entités sociales instaurent-ils un processus de guérison après avoir souffert physiquement et psychologiquement au cours de conflits politiques majeurs ? Il distingue notamment les blessures visibles de celles invisibles et déclare : «L’aspect essentiel de toute réparation traditionnelle et moderne est inhérent à deux conditions : l’appréhension de sa réalité et de sa virtualité. Afin de lire et de comprendre chaque réparation, vous devez prendre en considération la réalité visible et invisible de chaque chose». Les enquêtes matérielles et philosophiques d’Attia sur ce sujet ont revêtu de nombreuses formes, notamment des installations à grande échelle, des sculptures, des vidéos, des photographies et des collages.

MATRIX 274, la première exposition personnelle d’Attia en Californie, présente son ouvrage phare J’accuse (2016). L’installation présente dix-sept bustes en bois de teck sculptés par Attia, assistés par des artisans sénégalais, utilisant des images d’anciens combattants défigurés de la Première Guerre mondiale qui ont subi de graves blessures au visage et qui ont ensuite subi une opération de chirurgie plastique. Les sculptures sont situées devant un clip du film anti-guerre J’accuse du réalisateur français Abel Gance de 1938, dans lequel jouent les véritables anciens combattants blessés de la bataille de Verdun, connus en français sous le nom de « gueules cassées ». Ressuscités, ils défilent dans les rues pour avertir le monde des atrocités de la guerre.
Le titre de l’installation fait référence à la fois au film d’Abel Gance et au texte «J’accuse!» de 1898 d’Émile Zola, qui était une lettre ouverte au président de la République française pour défendre Alfred Dreyfus, un officier juif emprisonné pour espionnage à la suite d’un complot antisémite au sein de l’armée française.

Dates : du 18 septembre au 17 novembre 2019
Adresse : BAMPFA (Université de Californie, Berkeley) – 2155 Centre St, Berkeley

Merci les Services Culturels de l’Ambassade de France aux Etats-Unis

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