Voici venu le mois de mars et ses questions classiques liées à l’orientation de nos ados expatriés : comment s’y retrouver entre les différents systèmes américains, français et européens ? Comment aider son enfant à trouver sa voie ? Quelles sources d’information pour ne rien rater ? Quand faut-il commencer à se préoccuper des études supérieures ? 

Autant de questions que de sources d’angoisse pour les parents comme pour leurs enfants.

La règle d’or est de considérer les choses dans l’ordre, sans paniquer. 

Pour préparer cet article et tenter de répondre à certaines de ces questions, je me suis appuyée sur mon expérience personnelle et professionnelle ainsi que sur des échanges avec Sixtine Gontier, expatriée, mère de quatre grands enfants et surtout coach spécialisée dans l’accompagnement des jeunes, entre autres sur la thématique de l’orientation. 

Son expérience a notamment abouti à l’écriture d’un livrePost bac mode d’emploi, pour être un Expat’ bien informé”, qu’elle a écrit pour aider les parents et les jeunes à y voir plus clair sur les études supérieures en France, en Europe et aux US.

Réfléchir à leur orientation en trois étapes 

  • 1ère  étape : aider les jeunes à mieux se connaître en s’appuyant sur leurs centres d’intérêts, leurs compétences, ce qui est important pour eux, ce qui les motive, ce qu’ils Orientationconnaissent du marché du travail…
  • 2ème étape : explorer les pistes déjà envisagées et ouvrir sur d’autres pistes en faisant ce que Sixtine appelle une “enquête métier” (ou enquête filière), pour obtenir le plus d’information possible sur les études, les débouchés, les métiers en question…
  • 3ème étape : faire le tri dans toutes les informations recueillies et faire un choix. Sixtine insiste sur le fait que l’on peut avoir plusieurs plans, dont certains pourront se réaliser à court terme, d’autres à plus ou moins long terme.

Même si aujourd’hui, et dans tous les systèmes de l’enseignement supérieur, il existe de nombreuses passerelles, la question du choix dans l’orientation est essentielle. Mais attention, Sixtine nous indique aussi “qu’il y a plus de 35% d’échec en 1ère année d’université. On retrouve des jeunes qui ne sont pas du tout intéressés par leurs études, qui n’y arrivent pas car le niveau est trop élevé, qui sont dans un environnement qui ne leur plait pas du tout…”.

Il n’est pas grave de se tromper, mais attention cela peut sérieusement entamer la confiance en soi du futur étudiant. 

Faire faire une liste d’universités et d’écoles à votre ado

La liste, d’une quinzaine d’institutions, devrait comporter   

  • 20% d’institutions d’un niveau un peu supérieur à son niveau scolaire, 
  • 30% d’un niveau un peu inférieur, les “safety schools” 
  • 50% de son niveau. 

Il est important d’avoir ces “Safety School”. Ce sont celles qui vous permettent de dormir la nuit sans vous faire trop de souci ! 

Pour les jeunes expatriés, Sixtine recommande de mettre également des universités et des écoles en Europe et en France (en plan B ou C), même s’ils ne souhaitent étudier qu’aux USA. Les enfants qui ont eu l’expérience de l’expatriation sont très appréciés dans les universités européennes.

Il est essentiel de faire des recherches pour sélectionner des universités qui correspondent aux critères de votre adolescent. Il ne doit pas rester seul ! Il peut ainsi se rapprocher de son conseiller au lycée, en parler autour de lui…

Pour vous aider, voici quelques-uns des aspects à prendre en considération :

  • Côte est / côte ouest ;
  • Ville / campagne ;
  • Montagne / mer ; 
  • Distance par rapport à la famille ; 
  • Taille de l’établissement ;  
  • Importance du sport ; 
  • Vie sur le campus (déplacement, festivité…)
  • Renom par rapport à la spécialité pressentie… 
  • Le coût des études pour les quatre années.

Je vous recommande le site Niche. Il vous permet de comparer les universités en fonction de nombreux critères : sport, campus, diversité, dortoirs, alimentation… Vous trouverez également les critères d’admission et des commentaires d’étudiants. Enfin, grâce à la création d’un compte, votre adolescent peut obtenir les recommandations du site correspondant à sa GPA, ses résultats aux tests ainsi que ses propres critères.

Pour parfaire son choix, il est recommandé de visiter certaines des universités sélectionnées pour se rendre compte, ressentir l’ambiance, poser des questions, rencontrer d’autres étudiants. Cela concrétise le projet et place tout le monde dans l’étape suivante. De plus, les universités favorisent souvent les étudiants qui ont témoigné d’un intérêt en amont de la procédure d’inscription (visite, summer school…).

Personnellement, ne connaissant rien au système américain, notre ado a consacré son premier semestre de Junior year (équivalent 1ère française) à faire sa sélection d’universités et nous allons profiter de Spring break pour en visiter plusieurs. Votre adolescent va y passer plusieurs années, il a besoin de s’y sentir bien.

Je trouve que la constitution de cette liste permet au jeune de rendre ses projets concrets, et de lui donner un but. Il essaie d’avoir de bonnes notes pour pouvoir aller dans l’université de son choix. 

Faire un tableau sous forme de “To do list” 

Maintenant, il n’y a plus qu’à postuler en respectant notamment les dates limites de dépôt des dossiers… C’est simple à écrire, beaucoup moins à réaliser ! Là, le maître mot c’est l’organisation. 

Sixtine propose ainsi de réaliser un tableau avec pour chaque choix : 

  • les dates à respecter, 
  • les éléments du dossier à fournir, 
  • les attendus en terme de notes, expériences ou engagements extra-scolaires 
  • les essais et / ou lettres de motivation à rédiger … 

Pour finir, j’ai demandé à Sixtine de nous donner trois conseils pour nous parents, et enfin trois conseils pour nos ados. 

Trois conseils pour les parents :

  • Ne pas projeter vos souhaits/frustrations/peurs sur votre enfant. Ne pas faire les recherches d’établissements à sa place. Il ne souhaite peut-être pas la même vie que vous. Il/elle a peut-être des critères de vie différents des vôtres et des façons de faire différentes. Encouragez-le à s’investir dans son projet d’orientation, plus il/elle sera motivé(e), plus il/elle sera concerné(e), plus son projet lui ressemblera. 
  • L’aider dans ses choix s’il demande de l’aide en mettant votre réseau à sa disposition par exemple. Il est important qu’elle parle à l’un de vos copains qui fait le métier qui l’interesserait ou au fils de votre amie d’enfance qui fait les études qu’elle envisage ; en prenant le temps de l’ écouter, de le/la questionner… Il faut que l’ado sente que vous êtes présent tout en restant discret (cf conseil #1). 
  • Pour compléter le conseil #2, si votre ado vous dit « t’inquiètes je gère » et qu’il/elle ne vous laisse pas vous mêler de ses choix, restez dans l’ombre, tendez des perches, pour qu’il/elle sache qu’au moment venu, vous serez là, que vous pourrez aider. Si vous le pouvez, prévenez-la/le des conséquences et fixez des règles si vous en ressentez le besoin. 

Sixtine précise « Il est important de mettre des mots ou des chiffres sur les actes et leurs conséquences. A savoir le nombre d’années que vous pouvez financer, combien cela représente d’emprunt par mois pendant 15 ans, les matières et les notes dont il/elle a besoin pour être accepté à tel ou tel endroit … Et une fois que les choses sont dites, ne revenez pas dessus”.

Trois conseils pour les futurs étudiants :

  • Impliquez-vous dans ce projet d’orientation, ne laissez pas vos parents, vos profs, vos copains décider pour vous. Vous pouvez faire le même métier que vos parents, si et seulement si, vous avez fait des recherches, s’il correspond à qui vous êtes…
    N’allez pas étudier dans l’université de votre petit copain ou de vos parents, uniquement parce que vous ne savez pas quoi faire d’autre… Il y a de fortes chances que vous vous réveilliez un matin en vous demandant ce que vous faites là.
  • Faites-vous confiance et soyez ouverts aux innombrables possibilités qui s’offrent à vous. Le monde n’a jamais connu autant de changements en si peu de temps. Ça peut être stressant ou super excitant… à vous de choisir.
  • Si vous avez de nombreux centres d’intérêts, ou que vous souhaitez faire de nombreuses choses différentes, vous aurez probablement la possibilité de les faire, car le temps où l’on passait toute sa vie dans la même société à exécuter le même travail est bel et bien révolu.

« Mon conseil, c’est donc de prioriser ! Peut-être que ce métier vous pouvez le faire maintenant car il demande une formation solide de plusieurs années (et que c’est plus simple de faire des études longues et techniques tant que vous êtes jeune) tandis que celui-ci, avec une petite formation de 12 mois, ce sera envisageable, dans une 2ème partie de vie” nous dit Sixtine.

Petit bonus pour les parents 

Faites leur confiance ! Il y a de plus en plus de passerelles et de métiers que vous ne soupçonnez même pas. Même si vous pensez qu’ils sont jeunes et que vous avez plus d’expérience qu’eux, repensez à votre adolescence et demandez-vous si au même âge, vous aviez tout anticipé ? Probablement pas et finalement vous ne vous en sortez pas si mal d’autant qu’en leur offrant cette expérience internationale, vous leur avez fait un cadeau inestimable. Ils sont plus ouverts, plus curieux, plus adaptables, parlent plusieurs langues… autant de qualités recherchées par les recruteurs aujourd’hui.

Retrouvez les précieux conseils d’Emilie pour l’éducation de nos enfants bilingues dans les pages Education de MerciSF.com ainsi que sur son site internet: www.ateliersdemilie.com

Merci Emilie et Sixtine !

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