Trop bruyant, trop tôt, trop tard, trop vite, trop lentement, trop d’énergie… Il court partout, elle est insolente, il dit tout ce qu’il pense, elle monte aux murs, il n’a pas de filtre… et vous, vous ne savez ni comment faire, ni si vous auriez besoin d’une intervention extérieure pour l’aider, ni vers qui vous tourner...

Depuis le mois de mars, en tant que parent, beaucoup d’entre nous sommes confrontés à un nouveau challenge : l’école en ligne. Nous avons dû nous adapter, les enseignants et nos enfants aussi ; nous nous sommes posés beaucoup de questions. Mais pour certains d’entre nous, les questions liées à la concentration, l’opposition, l’insolence de notre progéniture deviennent de plus en plus présentes.

C’est même devenu une question récurrente lors des nombreux cafés virtuels que j’ai pu organiser : comment faire ? Est ce normal ? Est ce qu’il y a quelque chose d’autre qu’une simple difficulté ? Mon enfant souffre t-il d’un trouble déficit de l’attention ? (TDA-H en français, ADHD en anglais). Le système scolaire américain est beaucoup plus sensible à la détection des troubles d’attention, mais n’oublions pas de regarder ce sujet avec recul.

C’est pourquoi j’ai choisi de traiter cette question pour ce premier article, d’autant qu’il est souvent plus aisé de parler de ce sujet difficile dans notre langue maternelle. Enfin, qu’il y ait ou non trouble déficit de l’attention, les trucs et astuces que je propose ci-dessous peuvent servir à tout parent pour son enfant ou son adolescent pour l’aider à se concentrer, à s’organiser, le rendre plus autonome, améliorer sa mémoire à court terme, planifier.

Le TDA-H (ADHD en anglais), de quoi parle t-on ?

Il s’agit de la traduction française du terme anglais ADHD (Attention Deficit / Hyperactivity Disorder) :

  • T : Trouble, le TDAH n’est pas une maladie mais un trouble (un ensemble de symptômes),
  • DA : Déficit de l’Attention. Les difficultés attentionnelles sont le pilier du syndrome TDAH,
  • H : Hyperactivité désigne le symptôme le plus visible pour certains et le plus perturbateur sans pour autant constituer le fondement du diagnostic, 
  • auquel on associe le I de impulsivité sans le nommer.

La prise en charge du TDAH, par et après le diagnostic, permettra d’améliorer la confiance en soi de l’enfant, de réduire les difficultés relationnelles avec les pairs, de limiter les contestations – oppositions. 

Le diagnostic portera sur les trois dimensions : Inattention, Impulsivité, Hyperactivité.

  • Inattention : Une difficulté à maintenir son attention dans la durée. L’enfant se laisse distraire facilement par tout stimuli externe. 
  • Impulsivité : Une incapacité à attendre pour prendre la parole ou à différer une action. Une difficulté à gérer ses émotions et à garder son calme. 
  • Hyperactivité : Un besoin de bouger sans cesse, parle beaucoup ou fait des bruits. L’enfant hyperactif ne tient pas en place, souvent car il ne peut pas rester concentré sur une tâches, il passe souvent d’une activité à une autre sans en terminer aucune.

A quel moment a-t-on besoin d’un diagnostic professionnel ?

Il n’y a pas de réponse scientifique toute prête.  

Est-ce qu’il y a une altération significative du fonctionnement social, scolaire ? Est-ce que l’enfant est en souffrance ? Est-ce que les relations entre l’enfant et ses parents – ses camarades – ses frères et sœurs sont altérées ? Est-ce que vous, en tant que parent, vous avez besoin d’aide car vous ne savez plus quoi faire ? 

Il est important de ne pas rester seul(e) avec ses interrogations. La première personne vers qui vous pouvez vous tourner aux Etats- Unis est souvent le  médecin de votre enfant. N’étant pas impliqué émotionnellement ni avec vous, ni avec l’enfant, il aura un regard impartial et saura vous guider vers une démarche diagnostique.

Concrètement que peut-on faire pour aider son enfant ?  

Les idées ci-dessous ne sont pas réservées aux personnes souffrant de TDA-H. Tout parent qui souhaite aider son enfant à se concentrer, gérer son impulsivité ou son hyperactivité motrice peut piocher dedans… Il ne s’agit pas non plus d’une liste exhaustive, à respecter en tout point. 

  • Établir des routines : Un emploi du temps régulier aide l’enfant à se projeter et se préparer,
  • Prévenir l’enfant de tout changement de routine,
  • Faire du sport : 20 mn de marche avant de commencer l’école et une séance de 40 minutes dans l’après-midi, par exemple,
  • Découper les tâches. Il convient ainsi d’exprimer une seule demande à la fois. Pour se faire, il faut décomposer au maximum les étapes successives pour aider l’enfant ou l’adolescent à s’organiser (par exemple, range ta chambre peut se transformer en « pour ranger ta chambre tu devras 1… puis 2… puis 3… et tu vas commencer par faire 1 »)
  • Ne pas donner plusieurs consignes en même temps : Brosse tes dents, range ton sac et cherche ton livre de mathématiques… Votre enfant risque de ne rien faire du tout.
    Si comme dans l’exemple de la chambre, une tâche nécessite plusieurs actions successives, vous pouvez lui écrire sur un post-it et le placer sur la porte de la chambre. 
  • Découper le temps : La gestion du temps peut être compliquée pour ces enfants. L’utilisation d’outils montrant le temps qui passe peuvent être utiles (timer, sablier…exemple)
  • Limiter ses propres exigences parentales : Il vaut mieux se fixer moins d’objectifs et les atteindre que l’inverse.
  • Si l’on sait que l’on va céder, inutile d’offrir une résistance (cela pourrait laisser croire à l’enfant que son insistance fonctionne) 
  • Etre clair.e et précis.e dans ses demandes : Énoncer des demandes dans un langage simple, précis avec des phrases courtes. Eviter l’inutile.
  • Multiplier les intervenants de différents adultes autour de vous pour passer la main à quelqu’un d’autre que vous : la maîtresse, le coach de sport, le parrain, des amis, le tuteur de math, le prof de flûte… 
  • Mettre des mots sur ce qu’il vit, par exemple avec ce livremon cerveau a besoin de lunettes

Lorsque l’enfant travaille pour l’école, voici quelques petites astuces qui peuvent l’aider : 

  • Supprimer les distracteurs ; limiter le matériel sur la table,
  • Placer l’enfant loin de la fenêtre, dos aux zones de passage,
  • L’aider à ne commencer la tâche qu’après la fin de la consigne,
  • Ménager des pauses pour lui permettre de bouger, de se dépenser…
  • Lui proposer sur son bureau de petits objets (qui ne font pas de bruits) à tripoter,  
  • Installer entre les deux pieds de sa chaise un gros élastique qu’il fera bouger (exemple

Quelques idées de jeux pour les enfants :

Le cerveau de l’enfant est en perpétuel changement, maturation. Par des jeux, vous pouvez l’aider à travailler sur ses faiblesses. Ainsi, il existe des jeux très ludiques auxquels vous pouvez jouer en famille pour améliorer l’inhibition et la rapidité (Taco, Goat, Cheese, Pizza), pour entraîner l’inhibition et l’attention (color addict), pour augmenter les capacités de mémoire à court terme (Simon) . 

Quelques astuces pour lui :

  • “Stop, think and go” : chaque fois que tu vas faire quelque chose, tu programmes « Stop, think and go ». Cela devient un outil de médiation entre les gens et lui. Cela correspond à l’adage francophone “tourner sa langue 7 fois dans sa bouche”, en plus réalisable.
  • Des post-it pour lui rappeler de faire ou de ne pas faire avec juste un ou deux mots dessus, ou des dessins, pictogrammes. 
  • Des habitudes écrites : n’hésitez pas à réaliser pour lui un emploi du temps de sa semaine en photo ou sur un tableau, une petite affiche  avec les moments ritualisés, ou une liste de vos attentes…

Mais surtout n’oubliez pas, il ne le fait pas exprès, ce n’est pas de votre faute et oui, vous allez vous en sortir.  

Certaines journées sont difficiles, vous ne vous sentez ni écouté.e, ni compris.e …. Mais petit à petit vous allez lire, chercher, essayer et construire les solutions, les stratégies qui vous correspondent.

Vous voulez en parler avec d’autres parents ou une autre question concernant votre enfant bilingue vous intéresse, rejoignez-nous le vendredi 13 novembre pour le prochaine café virtuel (pour vous inscrire: www.ateliersdemilie.com

Des liens vers des sites et des livres pour aller plus loin :

Merci à Emilie Nolf, enseignante, formatrice d’enseignants… pour ce précieux partage d’informations.

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