La nouvelle est tombée, l’ordre de confinement est étendu au 1er mai pour les six comtés autour de San Francisco…

Nous avons donc demandé à Barbara Meyer, auteure de plusieurs ouvrages sur l’organisation personnelle de nous donner quelques astuces pour rester motivé et organisé pendant cette période.

Comment avez-vous géré la première semaine de confinement ?

J’avais l’impression de vivre dans une autre dimension, ou plutôt dans un aquarium ! Un peu comme si j’étais un poisson rouge dans un bocal et que je tournais en rond en regardant de temps en temps par la fenêtre !

Comme toujours quand il arrive quelque chose de grave dans le monde, et surtout en France, je me sens inutile et très stressée par le fait d’être si loin de mes proches.

A la maison, nous avons tous fonctionné au ralenti. On se serait cru enfermés dans un appartement d’une station de ski les jours de tempête.

J’écoutais France Info toute la journée, je consultais à peine mes e-mails, et j’étais très angoissée.

J’ai donc passé ma semaine à dérouler des scenarios de crise. Gérer la communication de crise de grandes entreprises était mon premier métier, c’est donc facile pour mon cerveau d’imaginer le pire puis d’essayer de dessiner des stratégies pour limiter les dégâts.

Et comment avez-vous réagi ? 

Dès le lundi de la deuxième semaine, nous avons mis en place un planning très précis pour toute la famille incluant ce que chacun devait faire et avait envie de faire heure par heure.

L’idée était d’avoir ce que l’on a appelé « un retour à la normale », en se concentrant sur l’essentiel. C’est-à-dire avoir des journées pendant lesquelles les parents travaillent et les enfants apprennent.

Comme il fallait aussi intégrer les activités extra-scolaires et sociales, nous avons inclus dans ce planning du sport, des visio conférences avec les copains, de l’écriture, de l’art et aussi des récréations.

confinement organiseCe temps de récréation est essentiel car il est consacré à une activité sans écran. Les enfants passent maintenant 3h à 4h par jour derrière une tablette ou un ordinateur pour suivre leur cours alors qu’ils n’en passaient que 30 minutes par jour à l’école auparavant. C’est donc un défi pour nous de les occuper sans écran.

Pour faciliter la logistique des repas, nous avons gardé les lunch box. Les enfants (jumelles de 10 ans) sont autonomes à l’heure du déjeuner et choisissent où elles veulent manger (terrasse, bar de la cuisine, salon, …). C’est leur moment et notre moment aussi !

Ce qui nous aide à tenir ce sont les dîners, moins stressants qu’en période de boulot-école, cinq minutes de méditation avec les enfants, et la sortie quotidienne d’une heure maximum.

Après la deuxième semaine, tout le monde va bien et chacun a retrouvé sa bonne humeur.

Est-ce que cette période où l’on se retrouve chez soi, est un bon moment pour se lancer dans une nouvelle activité ? Le jardinage, le dessin, la musique…

Oui et non ! Professionnellement, je recommande plutôt de développer vos compétences, de profiter des classes en ligne pour compléter votre profil plutôt que de démarrer quelque chose de complètement nouveau.

L’idée est d’occuper son esprit et chercher à canaliser ses idées pour ne pas « broyer du noir ».

Je conseillerais plutôt de passer plus de temps sur ce vous aimez, sur ce que vous faites bien. Travaillez vos talents identifiés et connus au lieu d’en développer de nouveau. Cela renforcera votre confiance en vous, vous nourrira de pensées positives et d’énergie.

Si vous aimez cuisiner, lancez-vous dans des choses plus élaborées par exemple. Si vous êtes manager, prenez une classe sur le leadership, si vous aimé lire c’est le moment !

Pourquoi ne pas voir le confinement comme un passage au « slow living » où il est bon de parler une heure au téléphone avec un vieux copain, commencer le journaling, passer trois heures en cuisine ou à créer une nouvelle playlist ?

Mais l’activité qui nous nourrit le plus dans ce genre de situation, c’est de se sentir utile. Être utile, rappelons-le c’est d’abord RESTER CHEZ SOI.

Être utile ce n’est pas seulement aidé des malades parce qu’à moins d’être dans le monde médical, on ne peut pas le faire.

Mais c’est aussi aider ses enfants et son conjoint. Quand nous sommes stressés, il arrive souvent que l’entourage proche soit le premier bouc-émissaire.

Essayez plutôt de voir ce confinement comme une opportunité de tisser des liens uniques.

Cette crise va inéluctablement nous emmener à changer. C’est évident que nous allons modifier notre façon de consommer, de voyager, d’utiliser notre temps libre. Notre rapport aux autres, au monde, va changer.

Ne soyez pas trop pressé de chambouler votre quotidien. Ne soyez pas trop exigeant avec vous-mêmes. La vie l’est déjà suffisamment.

Voilà concrètement ce que je vous propose de mettre en œuvre en cinq points clés !

  • Créez un agenda le plus précis possible avec des routines et des rendez-vous de famille pour garder le contrôle de vos idées, rester calme et vous concentrer sur l’essentiel. Cela permet d’abord d’être organisé pour ne pas se sentir perdu ou désorienté mais surtout de laisser le moins de place possible aux questions sans réponse L’objectif est de supprimer le maximum de sources de stress inutiles dans cette situation super stressante.
  • Prenez le contrôle du temps et des sujets de conversations, notamment avec les enfants. Je sais qu’il est difficile de parler d’autres choses mais essayez ! C’est l’occasion de découvrir ce que vos enfants aiment vraiment, ce pour quoi ils sont naturellement doués. Aiment-ils cuisiner, coudre, bricoler, dessiner ?
  • Tous les soirs, invitez la « culture du feedback » en famille. Cela permet de faire émerger ce que l’on aimé faire dans la journée, donc de parler de quelque chose de positif, et ce que l’on n’a pas aimé, donc de vider son sac pour ne pas laisser ses émotions s’accumuler dans la cocotte-minute !
  • Passez à l’écriture de mails plutôt que le tout « vidéo conférences ». Cette astuce est valable pour les enfants qui travaillent leur écriture et le « typing » et pour nous aussi les adultes. Nous sommes moins négatifs et catastrophiques à travers l’écriture que par oral.
    Demandez par exemple à vos enfants d’envoyer un mail à un membre de la famille ou amis proches pour leur raconter leur journée.
  • Garder votre grain de folie ! Mettez la musique, dansez, déguisez-vous, faites un spa à la maison avec bain, massage, …Amusez-vous !

Barbara Meyer est Consultante en Ressources Humaines, Performance coach,
– Auteure de quatre ouvrages de développement personnel aux Éditions Eyrolles,
– Instructeur Udemy sur la gestion du temps, la prévention du Burn-out, et le management d’équipe.
– Chroniqueuse pour le magazine femininbio, et pour le podcast Tech Me To The Moon
– Ancienne préparateur physique et instructeur de Pilates

Ressources spécial COVID-19
– Des idées de LunchBox sur le site Teuko

– Du sport à la maison avec des coachs online
– Méditation : « Calme et attentif comme une grenouille » pendant le temps du goûter que j’essaie de rendre gourmand, créatif et surtout participatif. Ce sont les filles qui décident et préparent le goûter en fonction de qu’il y a à disposition dans le frigo.
Il y a aussi un créneau préparation de gâteau entre 9:00 am et 9:45 am le mardi et jeudi.

Si vous avez des questions, besoin d’aide pour vous organiser ou partager vos bonnes idées, envoyez un email à contact@mercisf.com, qui transmettra.

Merci Barbara Meyer

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