Des documentaires aux start-ups, Daphné Halley construit une carrière autour d’une conviction : la meilleure façon de lutter contre le changement climatique, c’est de réunir les gens.
Qui est Daphné ?
Née de deux parents français, Daphné grandit à Bruxelles. Elle passe son enfance à l’extérieur: randonnées, camps scouts, et une passion pour la nature bien avant que le « changement climatique » ne devienne une expression courante.
À 17 ans, elle part pour une année sabbatique au Pérou et en Équateur, où elle travaille dans des fermes régénératives et est témoin des dégâts causés par l’extraction du cobalt sur les rivières et les communautés locales. Elle décide d’étudier les Sciences de l’Environnement et la Biologie au Middlebury College dans le Vermont, où un cours avec le légendaire environnementaliste Bill McKibben achève de la convaincre. « Si vous n’étudiez pas le climat en ce moment, que faites-vous ? » lance-t’il à ses étudiants.
Deux documentaires, une grande prise de conscience
Daphné s’installe à San Francisco et travaille sur des documentaires environnementaux – s’assurant que les films atteignent les bons publics, des salles de festival aux salles de conseil d’administration. D’abord Common Ground, sur l’agriculture régénérative, avec Jason Momoa et Ian Somerhalder. Puis Hope in the Water, centré sur les solutions pour les océans, avec Martha Stewart et Shailene Woodley – depuis nominé aux Emmy Awards et accompagné d’un livre de recettes.
En chemin, elle découvre que le storytelling touche les gens d’une façon que les statistiques ne feront jamais. Elle confie : « Quand on vous dit que « 70 % des aliments sont gaspillés », votre cœur ne s’emballe pas forcément. Mais montrez un agriculteur à l’écran, avec de la musique, et soudain vous le ressentez. » Les spectateurs quittent ces projections le sourire aux lèvres, revigorés, avec des idées concrètes.
Construire une communauté chez 9zero
Naturellement, Daphné rejoint 9zero, un hub d’innovation climatique à San Francisco qui rassemble investisseurs, start-ups et chercheurs dans les énergies renouvelables, systèmes alimentaires ou les batteries.
Ce qui l’a le plus frappée dès le premier jour ? L’énergie dans la salle : dans une ville où les industries se font concurrence, la communauté climat est collaborative, généreuse et pleine d’espoir.
En tant que community manager, ses plus grandes fiertés tournent toutes autour de la mise en relation: mettre deux start-ups sur un même panel alors qu’elles ne s’étaient jamais rencontrées, malgré des problématiques communes ; ou encore connecter 300 membres de 9zero avec trois ou quatre autres membres qu’ils devaient absolument connaître – en glissant à chacun une carte avec des noms au moment de récupérer son badge.
Ses derniers conseils
Deux idées que Daphné aime bousculer : que l’action individuelle est inutile (le changement commence toujours localement avant de se propager), et que l’action climatique est incompatible avec une belle vie. « Oui, il y a des compromis. Petits, à court terme. Mais l’impact à long terme — pour la planète, pour la société, et pour vous — en vaut la peine. »
Pour Daphné, chaque métier est un métier du climat. Et son vœu pour l’avenir ? Que les systèmes alimentaires mondiaux s’améliorent, et que chaque habitant de cette planète puisse avoir accès à une alimentation saine. Ce n’est pas un hasard si elle a lancé le cluster Food & Agriculture de 9zero.
Ses derniers mots : « J’adore San Francisco — sa nature, la gentillesse de ses habitants, et l’énergie de la ville. » Et chez MerciSF, nous ne pouvons qu’acquiescer.
Daphné recommande d’assister au Battery Summit le 23 avril, organisé pendant la Climate Week.
Note: Depuis l’interview, Daphné a quitté 9zero. Elle est en route pour de nouveaux projets ; on me dit dans l’oreillette que des écoles prestigieuses lui ont offert une place dans leur institution.
MerciSF Rapid Fire
Boulangerie préférée : Arsicault
Restaurant préféré à SF : Rintaro, Bon Nene, Hook Fish
Bar à cocktails préféré : Otra, True Laurel, Union Larder
Ce qui lui manque le plus de France : Le fromage et un vrai bon sandwich français.
Ce qui lui manquerait le plus si elle quittait SF : La diversité de la scène gastronomique — pour moi, SF c’est quintessentiellement un burrito al pastor.

