Écrire sur une rencontre avec Olivier Goy dans un cadre professionnel devient rapidement un exercice beaucoup plus personnel. Avec son sourire solaire, son humour intact et sa présence lumineuse, l’entrepreneur français renvoie chacun à une question que l’on préfère souvent repousser : que ferait-on si le temps devenait soudainement notre ressource la plus précieuse ?
Nous l’avons rencontré à deux reprises lors de son passage exceptionnel dans la Bay Area : d’abord lors d’une conférence organisée par FrenchFounders à San Francisco, puis au Consulat général de France, où une rencontre réunissant chercheurs, philanthropes et membres du comité scientifique de Paris Brain Institute America était également organisée.
Diagnostiqué de la maladie de Charcot (SLA) en 2020, Olivier Goy ne peut aujourd’hui plus parler et se déplace en fauteuil roulant. Pourtant, durant
plusieurs jours passés dans la Silicon Valley, c’est lui qui a donné le ton : celui de l’optimisme, de l’action et d’une confiance inébranlable dans la recherche.
Fondateur de 123 Investment Managers puis de la plateforme de financement participatif October, Olivier Goy a longtemps incarné une certaine idée de la réussite entrepreneuriale. Une vie menée à grande vitesse, rythmée par les investissements, les levées de fonds et la croissance.
Puis tout a basculé.
« Before, I wanted to succeed. Today, I want to be just », explique-t-il aujourd’hui. Avant, il voulait réussir. Désormais, il cherche à être juste.
Cette phrase résume à elle seule la transformation qui s’est opérée depuis son diagnostic. Une transformation qui n’a rien d’un renoncement. Au contraire.
À San Francisco, Olivier Goy est venu porter un projet ambitieux : Invincible Hope, une initiative destinée à accélérer la recherche sur les maladies neurodégénératives en mobilisant chercheurs, entrepreneurs, philanthropes et acteurs de la technologie.
Durant son séjour, il a multiplié les rencontres : visite chez Neuralink, échanges avec les équipes de Meta, Google DeepMind et Playground VC, intervention à Stanford, participation au podcast Silicon Carne de Carlos Diaz, dîner organisé par Founders Future de Marc Menasé, rencontres au Consulat de France et événements avec FrenchFounders. Une véritable tournée de sensibilisation destinée à créer des ponts entre l’écosystème français de la recherche et les acteurs américains de l’innovation.
Au cœur de cette mobilisation se trouve l’Institut du Cerveau à Paris et sa branche américaine, Paris Brain Institute America.
Installée à New York, Martine Assouline, cofondatrice de la célèbre maison d’édition Assouline et présidente de Paris Brain Institute America, a créé la fondation américaine afin de permettre à l’Institut du Cerveau de développer sa présence outre-Atlantique et de faciliter le financement de projets de recherche franco-américains.
« Nous voulons créer toujours plus de passerelles entre la France et les États-Unis », explique-t-elle. « Aujourd’hui, les chercheurs travaillent ensemble entre Paris, Harvard, Columbia, Mount Sinai et de nombreux autres partenaires internationaux. La recherche sur le cerveau doit être mondiale. »
Séduite par le modèle unique du Paris Brain Institute, qui réunit au même endroit chercheurs, cliniciens et patients afin d’accélérer les découvertes scientifiques, elle consacre aujourd’hui une part importante de son temps à développer les collaborations internationales et à mobiliser philanthropes et mécènes autour d’un enjeu qui nous concerne tous.
L’une des annonces majeures de cette visite concerne justement le développement d’une nouvelle collaboration entre le Paris Brain Institute et Mount Sinai à New York autour de l’intelligence artificielle et de l’analyse de données médicales à grande échelle. L’objectif : constituer une cohorte de 100 000 patients afin d’accélérer la compréhension des maladies neurologiques et le développement de futurs traitements.
Pour Olivier Goy, l’intelligence artificielle représente un accélérateur sans précédent. « Nous avons les données. Nous n’avions pas les yeux pour les lire », résume-t-il en évoquant les milliards d’informations générées par les IRM, la génétique et les biomarqueurs. Selon lui, l’IA pourrait permettre d’accomplir en cinq ans ce qui nécessitait auparavant plusieurs décennies de recherche.
La technologie joue également un rôle essentiel dans sa propre vie quotidienne. Durant la conférence, sa voix était générée grâce à Invincible Voice, un système d’intelligence artificielle développé à partir de quelques secondes d’enregistrement réalisées avant la perte de sa parole. Une technologie open source capable de recréer sa voix et de lui permettre de converser quasiment en temps réel.
« L’intelligence artificielle n’a pas inventé ma voix, elle me l’a rendue », explique-t-il.
Mais l’aspect le plus marquant de son passage en Californie reste sans doute sa capacité à fédérer.
Avec son épouse Virginie, son fils Clément, l’équipe de Paris Brain Institute America et de nombreux bénévoles, Olivier Goy porte également La Fresque Généreuse, un projet artistique monumental composé de milliers de portraits destinés à financer la recherche neurologique.
À San Francisco, plusieurs séances photo ont été organisées avec la communauté française et francophile. Chaque portrait contribue au financement de la recherche. L’objectif est simple : transformer des visages en un mouvement collectif capable de faire avancer la science.

Cette mobilisation porte déjà ses fruits. Selon les organisateurs, plus de 540 000 euros ont été collectés durant cette visite américaine pour soutenir les travaux de recherche en neurosciences.
Pour Martine Assouline, l’enjeu dépasse largement le cadre de la philanthropie.
« Plus d’une personne sur trois sera concernée par une maladie du cerveau au cours de sa vie, directement ou indirectement. »
Un chiffre qui explique l’urgence de la mobilisation. Aujourd’hui, les maladies neurologiques représentent déjà un coût colossal pour les systèmes de santé européens et américains, un coût qui ne cessera d’augmenter avec le vieillissement de la population. Pour la présidente de Paris Brain Institute America, soutenir la recherche n’est plus seulement un acte de générosité : c’est un investissement collectif dans notre avenir.
Tout au long de son intervention, Olivier Goy est revenu sur une idée qui semble désormais guider chacun de ses projets : la fragilité n’est pas l’opposé de la force.
« La force construit des entreprises. La fragilité construit des mouvements. »
Dans une Silicon Valley souvent obsédée par la performance, la vitesse et l’optimisation, le message résonne avec une puissance particulière.
Car Olivier Goy ne se présente ni comme une victime ni comme un héros. Il apparaît plutôt comme un entrepreneur qui a décidé de consacrer le temps qui lui reste à quelque chose de plus grand que lui.
Et c’est probablement ce qui rend sa présence si inspirante.
Alors que la maladie réduit progressivement ses capacités physiques, il continue à élargir son impact. Non plus en construisant des entreprises, mais en rassemblant chercheurs, investisseurs, ingénieurs, médecins et donateurs autour d’une même conviction : l’espoir n’est pas un sentiment. C’est un projet collectif.
Pour Olivier Goy, le temps est devenu la ressource la plus rare. Mais à San Francisco, il a démontré qu’il pouvait encore transformer cette urgence en espoir, en mobilisation et en progrès. Une manière de rappeler que, face aux maladies du cerveau, l’avenir ne dépend pas seulement des chercheurs ou de la technologie. Il dépend aussi de notre capacité collective à agir, dès aujourd’hui.
Merci Olivier Goy !
Comment soutenir Invincible Hope
Les personnes souhaitant soutenir la recherche sur les maladies neurodégénératives peuvent effectuer un don aux États-Unis via Paris Brain Institute America : parisbraininstitute-america.org Les dons sont déductibles des impôts aux États-Unis.
Les donateurs en France peuvent soutenir directement l’Institut du Cerveau : institutducerveau.org
Pour participer à la Fresque Généreuse d’Olivier Goy et contribuer au projet Invincible Hope :
Participer à la Fresque Généreuse
Après son passage dans la Bay Area, la campagne Invincible Hope a déjà permis de lever plus de 540 000 euros au profit de la recherche neurologique, démontrant la capacité de mobilisation de la communauté française et américaine autour d’une cause qui nous concerne tous.

