On n’en est plus à expliquer l’Internet à sa mère, mais il est fort à parier qu’il va falloir tenter de l’éclairer sur les NFTs dans les mois à venir. Ces trois lettres qui sont l’acronyme pour Non Fungible Tokens ont envahi les publications, les conversations et font souvent l’objet de discussions agitées.

Le sujet a été particulièrement présent dans les médias français en septembre 2021. En effet, Sorare une start-up parisienne basée sur les NFTs a signé la plus grosse levée de fonds de l’histoire de la French Tech avec 680 millions de dollars.

Une récente rencontre avec Thomas France lors d’une conférence French Founders, nous a décidé à creuser le sujet. Thomas qui est l’un des fondateurs de Ledger, une autre start-up française à succès dans l’univers des crypto-monnaies, a bien voulu nous guider dans nos recherches.

Les élements de base pour parler NFTs

  • Comprendre que tout se passe dans le monde de la Blockchain et des crypto monnaies,
  • Plus particulièrement dans la Blockchain appelée Ethereum, et la monnaie ETHER
  • Un NFT ou Non Fungible Token est une forme digitale de certificat d’authenticité/propriété.

Le tout est soutenu par la technologie qui permet de garder la trace de ce certificat et ainsi de pouvoir authentifier et transférer la propriété de ces fameux NFTs. 

Qu’est ce que l’on entend par Non-Fungible ? 

Fungible ou fongible en français, signifie que l’on peut remplacer un objet par un autre et que c’est accepté. 

Utilisons un exemple trouvé sur le site de Reddit : on peut substituer un billet de un dollar par un autre billet de un dollar… Le premier sera peut-être un peu usagé par rapport au second mais la valeur reste la même. Les deux billets sont interchangeables.

Mais prenons un billet de un dollar qui vient de votre tout premier salaire, et que vous gardez signé comme porte bonheur au fond de votre portefeuille. Si vous le perdez, vous ne pouvez pas simplement en prendre un autre pour le remplacer. 

Ce dollar était « non-fongible », c’est-à-dire pas substituable par un autre. Il avait une valeur unique ; C’est la même chose pour les NFTs. 

Appliquons cette logique à une œuvre d’art au format digital qui est l’application la plus courante quand on parle NFTs aujourd’hui.

NFTs

CryptoPunks

Supposons que je sois un artiste dans la Blockchain avec un compte en crypto monnaie, je peux alors décider d’émettre un certificat d’authenticité/propriété pour une image digitale que je viens de créer. 

Un acquéreur peut m’acheter ce NFT (certificat d’authenticité/propriété) sur une place de marché en ligne. Les places de marché les plus connues portent les noms d’OpenSea, Rarible, SuperRare… et permettent la transaction en crypto monnaie. 

Mais comment protéger une image digitale de la copie à l’infini ? 

On entend souvent que ces NFTs n’ont aucune valeur puisque les œuvres qui y sont attachées peuvent faire l’objet d’un copier/coller sans fin. Thomas France nous explique que « si la Blockchain Ethereum est la plus utilisée pour les NFTs, c’est que cette dernière a permis la création d’un standard appelé ERC 721 sur lequel les acteurs de cette économie se reposent ». C’est une sorte de pacte entre les différentes parties, un gentleman agreement.

Cela permet également à un artiste de mettre un certain nombre de copies de son œuvre digitale sur le marché de son choix, un peu comme il le ferait pour une lithographie tirée à 100 exemplaires. Chacun des 100 exemplaires fera l’objet d’un NFT qui le rend unique et traçable.

A quoi s’applique les NFTs ? 

Il semble que les applications sont encore à inventer mais pour l’instant les domaines qui ont embrassé cette nouvelle façon de gérer de la valeur sont l’art, les fantasy games et l’industrie du luxe

Et c’est justement dans la catégorie des Fantasy Games que l’on retrouve la plateforme Sorare qui vient de faire cette levée de fond record. 

Sorare NFTsLa start-up propose à tout adulte de 18 ans et plus, de se mettre dans la peau d’un joueur de foot, et d’aller disputer un match virtuel contre d’autres joueurs qui sont sur cette même plateforme. 

Mais pour prétendre porter le maillot de Kylian Mbappé, il aura précédemment fallu acheter le NFT à l’effigie de la star du ballon rond. On devine que le prix de ce dernier est beaucoup plus élevé que celui d’un joueur de club de 3ème division !

Au-delà de disputer des matchs virtuels, on peut collectionner les cartes numériques à l’effigie des joueurs, les échanger sur la place de marché de Sorare, et jouer en créant des compétitions en ligne avec d’autres joueurs.

Le principe ressemble terriblement au phénomène des vignettes Paninis sauf que cela se passe dans le monde virtuel et que les transactions se font en crypto monnaie.

En 3 ans, Sorare a déjà signé avec plus de 200 clubs bien réels dont le Paris Saint Germain, le Bayern de Munich, la Juventus… Sorare s’est concentré sur le foot mais rien ne l’ empêche de reproduire son succès avec d’autres sports. A suivre.

Quant au domaine du luxe et de la mode, les NFTs fleurissent là aussi depuis peu. Les grandes marques ont besoin de se diversifier, d’attirer de nouvelles cibles mais aussi de faire face au fléau de la contrefaçon. 

Des marques comme Balenciaga, Burberry, ou Dolce Gabbana se lancent de façon très différente dans le monde des NFTs. 

Citons Burberry qui a édité une sorte de mascotte virtuelle appelée Blankos. Elle porte le monogramme de la marque et peut être habillée par des accessoires siglés Burberry. 

Lors de la mise en ligne de ses Blankos, (une mise en ligne s’appelle un « drop » dans le jargon), les 750 personnages virtuels se sont vendues 299$ pièce, en moins d’une minute.

Fin septembre, c’était Dolce Gabbana qui vendait pour près de 6 millions de dollars de vêtements virtuels sous forme de NFTs.

Mais au-delà de ces initiatives dont on ne peut pas anticiper la pérennité, Thomas France nous indique le nom d’un consortium du nom d’Arianee qui permet à des fabricants de l’industrie du luxe d’utiliser les NFTs pour générer des certificats d’authenticité/propriété de produits physiques. 

L’initiative développée par les montres Breitling est à ce sujet très intéressante : à chaque vente de montre, Breitling propose à l’acheteur d’accéder au NFT qui accompagne le produit et qui certifie son authenticité. 

Voilà un exemple d’application bien concrète pour les NFTs et qui constitue une piste pour faire face aux copies qui inondent le marché.

On entend aussi dire que la blockchain est un désastre écologique ?

Thomas France répond : «Si l’on considère que le bitcoin ne sert à rien, tout cela est un vrai gâchis d’énergie en effet.

Mais force est de constater qu’il possède une valeur et une utilité pour des dizaine de millions de personnes. Le “mining”, processus de validation des transactions d’une Blockchain, devient alors une véritable incentive pour trouver l’énergie la moins chère à savoir des énergies renouvelables. Le mining permet notamment de rentabiliser des projets de renouvelable (Eolien, Solaire) en “minant” pendant les périodes creuses où l’énergie est produite en excès.

Pour d’autres applications où le besoin de sécurité est moins fort que pour le Bitcoin, d’autres mécanismes moins énergivores peuvent être utilisés comme le Proof of Stake (POS). Ethereum où vit la plupart des NFTs devrait notamment migrer sur du POS dans les prochains mois».

S’il était encore besoin de prouver que les NFTs sont en train de gagner le grand public, Martha Stewart, la papesse de l’art de vivre à l’américaine, vient d’annoncer son entrée sur le marché des NFTs avec la création d’un e-shop sur le thème d’Halloween. Ça fait peur !

Subscribe To Our Newsletter

You have Successfully Subscribed!

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos de MerciSF

You have Successfully Subscribed!