(Article mis à jour en novembre 2021) Benoit Solès est l’auteur de La Machine de Turing mais il en est aussi l’acteur principal. Il viendra prochainement jouer sa pièce pour le public du Théâtre du Lycée Français.

Pourquoi avoir choisi l’histoire d’Alan Turing ?

C’est précisément le delta entre l’importance de l’héritage de Turing, entre ce qu’il nous a légué et le fait qu’il ait été oublié pendant si longtemps, qui m’a attiré.

Soles turingAlan Turing a marqué le 20ème siècle. Il est l’inventeur de l’informatique, le décrypteur de la machine Enigma pendant la seconde guerre mondiale, et il a permis de sauver des milliers de vie. Pourtant à part le milieu scientifique, il a été complètement effacé de la mémoire collective jusqu’à son « pardon royal » accordé en 2013 par la reine Elizabeth.

Quand il y a dix ans, j’ai cliqué sur une page internet qui parlait de lui, j’ai été bouleversé par son choix personnel, sa fin, ce suicide fou tel un hommage à Blanche Neige…

Au milieu de l’écriture de la pièce, j’ai appris qu’un film était en train d’être tourné alors j’ai un peu laissé mon projet de côté. Et puis quand j’ai vu le film « Imitation Game » de Morten Tyldum avec Benedict Cumberbatch, j’ai vu qu’il y avait un espace pour mon histoire.

Le film que j’ai par ailleurs beaucoup apprécié, est plutot centré sur la partie scientifique de l’histoire mais pas sur le personnage déroutant. Cet aspect précis est peu évoqué dans le film.

La nature « gay » d’Alan Turing a beaucoup influencé sa fin, alors disons que ma pièce est partagée entre militantisme et projet artistique.

En écrivant la pièce, vous êtes donc resté fidèle à l’histoire de Turing, sans même y ajouter un petit aspect romancé ?

Quand on s’attaque à un personnage historique, on reste fidèle aux éléments de sa biographie. Mes sources principales ont été l’excellent livre Enigma écrit par Andrew Hodges et aussi la pièce de théâtre Breaking the Code de Hugh Whitemore.

Mais je me suis quand même accordé une petite licence poétique avec le personnage de Ross joué par Amaury de Crayencour en développant une relation entre Alan Turing et Ross, le policier.

Comme le disait Alexandre Dumas « il est permis de violer l’histoire à condition de lui faire un enfant »

En contre-partie sa relation avec Arnold, le jeune homme au chômage rencontré par hasard est vraie. Le malentendu pour une histoire de billet volé et de cambriolage a bien existé.

Quel est l’aspect qui vous a le plus intéressé dans le personnage d’Alan Turing ? Son génie, son excentricité, son destin ?

J’ai été fasciné par toute l’histoire, par un personnage qui tende à ce point entre le génie et la pureté, entre la force et l’enfance. Il est totalement humain, mais c’est aussi une sorte de « supra personnage ».

Son histoire déclenche des questions existentielles, à vouloir comprendre comment fonctionne un cerveau…

Vous avez été fasciné par ce personnage, et pourtant vous n’avez pas un parcours scientifique ?

C’est vrai, j’ai une formation tout à fait littéraire. Mais Turing voyait les mathématiques différemment des autres : il les voyait comme quelque chose de beau, de philosophique.

En venant à San Francisco, c’est la première fois que vous jouez la pièce hors de France ?

La pièce a déjà beaucoup voyagé à Tel Aviv, à Séoul, à Papeete… Et maintenant elle est en cours de traduction pour être jouée en Espagne, en Allemagne, en Argentine, au Canada.

Cette pièce a eu un succès extraordinaire ! Elle est jouée à Paris au Theatre Michel depuis octobre 2018 sans discontinuer, et nous en sommes à la plus grande tournée jamais vue en France à ce jour avec près de 700 représentations. Et après à San Francisco, nous jouerons deux soirs à Los Angeles.

Le succès de la Machine de Turing a changé ma vie. Mais je ne me considère pas comme un auteur, je suis comédien et plus je joue plus je suis heureux !

J’ai entendu dire que vous travailliez sur un nouveau projet ?

C’est vrai et le hasard fait bien les choses. Pendant mon passage à San Francisco, je vais en profiter pour approfondir mes recherches sur Jack London car il est au centre de mon prochain travail. Venir à San Francisco sera un peu le trait d’union entre Alan Turing et Jack London.

Benoit Solès est un véritable boulimique de travail et ne se cantonne pas à écrire, à jouer au theatre, à la télévision, au cinéma mais il est aussi conseiller municipal à Paris. Il ne veut pas être un de ces acteurs nombrilistes, il veut être aussi un contributeur pour la société.

La représentation auro lieu à une date ultérieure non communiquée à ce jour. La pièce sera jouée avec Benoit Solès et Amaury de Crayencour en novembre 2022 au TLF de San Francisco.

Merci le TLF de San Francisco

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