Premier long métrage d’un (très) jeune prodige de 19 ans, Les Drapeaux de Papier narre le retour à la ville de Vincent, jeune délinquant, après 12 ans de détention. Il retrouve sa petite soeur qui le connait à peine mais l’accueille aussitôt chez elle, sans réticence. Néanmoins, leur vie commune ne se déroule pas sans heurt : Vincent doit trouver un travail et se réinsérer dans une société dont il n’a pas les clefs.
Le personnage principal souffre d’un stress post traumatique semblable à celui d’un soldat au retour d’une guerre. Le moindre bruit l’agresse, un mot mal placé le rend enragé. Mais à quel trauma survit-il ? La prison ou un problème familial antérieur ? Sa soeur semble s’être réfugiée dans une bulle elle aussi. La mère est absente. Elle ne voit son père que contrainte et forcée.
Le film explore les limites de l’affection et de la solidarité familiale, le malaise que provoque invariablement une personne marginalisée, dans toute sa fragilité et sa violence, mais interpelle aussi sur la responsabilité de l’univers carcéral. Ce jeune homme enfermé à l’aube de l’âge adulte n’a reçu aucun mode d’emploi quant à son retour à la vie civile. Vincent se trouve très démuni lorsqu’il doit s’exprimer, trouver un emploi, raconter son passé.
D’emblée, on remarque que Nathan Ambrosioni a le sens du montage (assumé d’ailleurs par ses propres soins). Jouant des images comme d’un jeu de cartes, il sait tout autant s’approprier les couleurs, la lumière, et caresser de sa caméra les visages rugueux avec délicatesse. Il est évident que le cinéma est sa cour de récréation depuis très longtemps. Mais sa grande force réside dans la maitrise de son scénario tiré au cordeau, qui excelle dans l’équilibre d’être suffisamment nerveux pour n’être point ennuyeux.
Peu bavard, il n’explique rien mais exprime une pléthore de nuances et d’émotions. Ambrosioni , déjà vainqueur de plusieurs prix, tire son chapeau à ses acteurs (Guillaume Gouix et Noémie Merlant, parfaits)
, ses maîtres Xavier Dolan, Audiard et autres Dardenne, tout en affirmant une patte artistique très personnelle.
Un film à ne pas rater dans le cadre du SFFilm Festival 2019. Découvrez le reste de la sélection francophone ici.

Samedi 20 avril à 21h15 au  Roxie Theater
Dimanche 21 Avril à 19h au Creativity Theater

Merci Isabella Demeulenaere

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