Les films d’Ira Sachs sont de petits bijoux de délicatesse et son dernier film, Frankie, sélectionné à Cannes en 2019, ne déçoit pas sur le sujet. Porté par une dizaine d’excellents acteurs, il se déploie comme une fleur de papier doré, dans un décor de conte de fée : la petite ville côtière de Sintra.
On y rencontre les membres d’une famille élargie, réunis pour les vacances autour de Frankie, célèbre actrice de cinéma. Chacun y apporte ses bagages, ses soucis et ses attentes. S’il faut un peu de temps pour comprendre qui est l’un pour l’autre, on ne tarde pas à percevoir la tragédie qui s’infiltre.
D’émotions contenues en colères soutenues, certains y règlent leurs comptes pendant que d’autres remballent leurs regrets. Comme dans les films de Claire Denis, les objets parfois deviennent des acteurs au même titre que les personnages, avec leur énergie propre et leur monnaie d’échange.
On peut regretter ne pas tout comprendre du passé ou des liens entre les personnages. Certains semblent même avoir été presque oubliés au montage et ne sont que d’autres regards sur les vingt-quatre heures qui se déroulent sous nos yeux. Néanmoins, plusieurs scènes sont d’une beauté à couper le souffle : Isabelle Huppert et Marisa Tomei se subtilisant dans la forêt fait songer à un tableau onirique. Tout comme la scène finale, en plan long, sur fond marin, et dans laquelle on peut presque écouter le temps.
Avec Isabelle Huppert, Brendan Gleeson, Marisa Tomei
Sort dans les Landmark Theatres
Merci Isabella Demeulenaere

