À l’occasion de la Laver Cup 2025, organisée pour la première fois à San Francisco, Yannick Noah fait son grand retour sur la scène du tennis mondial. L’ancien vainqueur de Roland-Garros et ex-capitaine emblématique de l’équipe de France de Coupe Davis endosse le rôle de capitaine de l’équipe Europe, succédant au légendaire Björn Borg. Entre émotion, curiosité et soif de compétition, il s’est confié à MerciSF sur sa vision du tennis moderne, son approche du coaching et ce qu’il attend de cette nouvelle aventure californienne.

MerciSF : Bonjour Yannick, merci de nous accorder cet entretien. Comment s’est décidé votre retour sur les courts en tant que capitaine de l’équipe Europe ?

Yannick Noah : Honnêtement, ce n’était pas prévu du tout. J’avais quitté le tennis depuis longtemps, depuis la Coupe Davis. Et puis un jour, je reçois un coup de fil… c’était Roger Federer. Il m’explique que Björn Borg passe la main et qu’il a pensé à moi. Je lui ai répondu : « Mais pourquoi moi ? Je ne suis plus là-dedans… ». Il m’a convaincu et me voilà à San Francisco. C’est un vrai bonheur d’être ici, même si c’est impressionnant de coacher des jeunes de ce niveau que je découvre encore.


MerciSF :
Avec quelle ambition abordez-vous cette Laver Cup à San Francisco ?

Yannick Noah : Forcément, j’aimerais qu’on gagne ! Même si l’ambiance est moins tendue qu’en Coupe Davis, la compétition reste la compétition.

SAN FRANCISCO, CALIFORNIA – SEPTEMBER 16 – conférence de presse Laver Cup 2025 (Photo Clive Brunskill/Getty Images pour Laver Cup)

Quand on entre dans l’arène, on est rattrapé par cette fièvre, cette folie qu’est l’envie de gagner. Alors oui, l’objectif, c’est clairement de soulever le trophée.


MerciSF :
Votre devise est « Be happy first and you’ll win ». Quel type de coaching allez-vous appliquer auprès de vos joueurs ?

Yannick Noah : Pour moi, le plus important, c’est d’écouter. Comprendre qui sont les joueurs en dehors du court, leurs attentes et leurs besoins. Quand on réunit 7 ou 8 joueurs d’exception, chacun avec son histoire, sa culture et son énergie, mon rôle est de m’imprégner de leurs différences et de trouver comment les accompagner au mieux. C’est ça qui est passionnant.


MerciSF : Vous dites souvent que le tennis a beaucoup évolué depuis vos années sur le circuit. Dans quel sens ?

Yannick Noah : Les conditions de jeu ont changé : les courts sont moins rapides, les échanges plus longs. Les balles, les raquettes aussi, qui ont transformé le jeu. Et puis tout ce qui entoure les joueurs : diététique, récupération, préparation mentale. À l’époque, un seul kiné s’occupait de 36 joueurs ! Aujourd’hui, chacun a son staff complet. Cela explique la longévité exceptionnelle des champions actuels. Voyez Djokovic ou Nadal : ils restent compétitifs à un âge où, de mon temps, la plupart avaient déjà raccroché.


MerciSF : Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette Laver Cup ?

Yannick Noah : Bien sûr, il y a la compétition, mais il y a aussi la passion. Être ici, c’est montrer que le tennis est un sport accessible, capable de rassembler au-delà des matchs. C’est cette énergie collective que j’ai envie de partager.


MerciSF :
Le coup d’envoi officiel se tient aujourd’hui au McLaren Park, avec de nombreux fans et membres de la communauté locale qui vont jouer avec vous et Roger Federer. Est-ce un moment important pour vous ?

Yannick Noah : Oui, ça me touche particulièrement et cela me rappelle mes débuts au Cameroun. À 8 ans, j’ai joué dans une clinique avec mon héros, Arthur Ashe, qui m’a beaucoup inspiré. Aujourd’hui, pour ces enfants, jouer avec Roger Federer est un rêve qui devient réalité. Ce qui compte le plus, c’est ce que l’on peut redonner aux autres, pas seulement ce que l’on accomplit sur le court. C’est un vrai plaisir de partager ce moment avec Roger, qui est très actif et n’oublie jamais de redonner à la communauté.


MerciSF
: Vos impressions sur San Francisco ?

Yannick Noah : Je suis arrivé hier et le programme est chargé, mais je reviendrai pour profiter pleinement de San Francisco. Et cette fois, j’essaierai au moins de tester un taxi autonome !


Merci Yannick ! En avant Team Europe !

 

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