Delphine Cascarino, attaquante de l’équipe de France formée à l’Olympique Lyonnais, s’est illustrée lors du dernier Euro avec un doublé mémorable contre les Pays-Bas — dont un but élu meilleur de la compétition.

En 2024, elle a choisi de relever un nouveau défi en rejoignant le San Diego Wave FC dans la National Women’s Soccer League (NWSL). Dans cet entretien exclusif pour MerciSF, elle revient sur son parcours, ses motivations à découvrir le championnat américain, son adaptation à la vie californienne et son rôle inspirant auprès des jeunes joueuses.

À quelques jours d’un match clé contre le Bay FC à San José, elle s’est confiée sur cette nouvelle aventure et ses ambitions pour l’avenir.


MerciSF : Vous avez connu une carrière impressionnante avec l’Olympique Lyonnais et en Équipe de France. Qu’est-ce qui vous a motivée à tenter l’aventure aux États-Unis et à rejoindre l’équipe du San Diego Wave FC l’an dernier ?

Delphine Cascarino : Je suis arrivée à l’âge de 12 ans à l’OL et après avoir effectué toute ma carrière en championnat de France, j’avais envie de voir autre chose et de découvrir un autre championnat. J’ai toujours rêvé de jouer aux États-Unis et l’opportunité s’est présentée. Je me suis dit que c’était le moment ou jamais, car c’est un championnat très exigeant physiquement : je pense qu’il vaut mieux y venir lorsqu’on est encore jeune et en pleine forme, plutôt qu’en fin de carrière. C’était le bon choix.


Comment s’est passée votre arrivée l’an dernier à San Diego et votre intégration dans l’équipe ?

J’ai ressenti un peu de pression au début car j’arrivais dans l’inconnu, à l’autre bout de la planète, loin de ma famille et de mon club de cœur. Je me demandais comment j’allais m’intégrer et si mon anglais suffirait. Mais l’adaptation s’est faite naturellement et tout s’est bien passé. J’ai été bien accueillie par les joueuses et j’ai aussi la chance d’avoir des coéquipières Françaises dans l’équipe (Perle Morroni, Kenza Dali et bientôt Laurina Fazer) ce qui m’a beaucoup aidée en termes d’intégration. Le seul inconvénient, c’est qu’on parle souvent français… donc mon anglais progresse plus lentement ! Mais j’y travaille chaque jour.


Vous sentez-vous comme une ambassadrice du football féminin français aux États-Unis ?

Je n’oserais pas dire « ambassadrice », mais je représente la France, donc je veux montrer le meilleur de ce que j’ai appris en France et à l’OL. Je pense aussi avoir une certaine responsabilité vis-à-vis de l’image de notre pays et j’espère montrer le meilleur de moi même et la plus belle image possible.


Voyez-vous des différences majeures entre le championnat américain et la D1 française ?

Le jeu est peut-être un peu moins technique qu’en Europe, mais physiquement, il est nettement supérieur. Ici, le niveau des équipes est très homogène, ce qui rend chaque match difficile. Au classement toutes les équipes sont à un point d’écart à l’exception de Kansas city. Alors qu’en France, Lyon et Paris dominent souvent le championnat.


Pensez-vous apporter un style de jeu à la française au San Diego Wave FC et au championnat américain ?

Le fait que nous soyons trois, bientôt quatre, joueuses françaises dans l’équipe apporte définitivement une touche française à l’équipe. On aime garder le ballon, on préfère la possession de balle plutôt que de courir après le ballon, c’est ce qui nous différencie des autres équipes dans le championnat.


Vous avez déjà marqué trois buts et délivré plusieurs passes décisives cette saison. Comment expliquez vous ce début de championnat ? Votre style de jeu a-t-il évolué ici ?

Physiquement, oui. Les entraînements à Lyon étaient déjà très intensifs, mais enchaîner des matchs à haute intensité m’a fait progresser, notamment au cardio et dans l’enchaînement des courses à forte intensité. Je me sens en bon état de forme. Nous avons également de très bonnes recrues dans l’équipe ce qui a relevé le niveau de l’équipe donc individuellement j’ai aussi été plus performante grâce à mes coéquipières et notre bonne dynamique d’équipe.


Vous allez affronter le Bay FC ce samedi à San Jose. Est-ce un match particulier pour vous ?

Oui, j’ai hâte, surtout avec une forte communauté franco-américaine dans la région. Ça fait toujours plaisir de voir des fans français dans le stade. Mon cousin, qui vit près du lac Tahoe, sera présent. C’est toujours spécial d’avoir le soutien de la famille et des fans. 


Comment restez-vous connectée à vos fans français depuis les Etats-Unis ?

J’utilise les réseaux sociaux pour leur donner des nouvelles du championnat. Les matchs sont tard pour eux donc ce n’est pas évident de suivre, mais certains suivent quand même. Et ici, nous avons aussi des supporters français qui viennent souvent au stade et je les remercie pour leur soutien.


Selon vous, quel est le rôle du championnat américain dans le développement du football féminin à l’international ?

C’est l’un des meilleurs championnats au monde et qui est très regardé par le monde entier. Les États-Unis mettent beaucoup en avant le sport féminin, et c’est inspirant de voir les joueuses évoluer et devenir de vraies stars ici. C’est un modèle inspirant pour les jeunes filles qui veulent aller loin dans le sport. Et pour la place de la femme dans la société, je pense qu’elle evolue aussi positivement grâce au sport et aux belles valeurs que transmet le sport.


Quand vous n’êtes pas sur le terrain, quels sont vos hobbies ou vos façons de vous détendre ici ? Y a-t-il des endroits où vous aimez aller pour couper un peu du foot ?

Je profite du beau cadre de vie : plage, promenades, moments de détente entre coéquipières. J’aime aussi regarder des films et documentaires, en anglais pour progresser !


Ce sera votre première visite à San Francisco ?

Oui ! J’espère avoir le temps de découvrir la ville après le match, si le programme le permet.


Avez-vous un message à adresser à vos fans en Californie et aux jeunes joueuses qui vous regardent comme modèle et source d’inspiration ?

Venez nombreux à nos matchs et merci pour votre soutien !

Aux jeunes joueuses, je dirais : travaillez dur chaque jour pour atteindre vos objectifs, mais gardez toujours le plaisir de jouer, parce que le plaisir c’est le carburant de la performance. Et surtout, poursuivez vos études : on ne peut pas tout miser sur le football. Mais avec le travail et la passion, beaucoup de portes s’ouvrent…

 

Merci Delphine !





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