Une Tour Eiffel de 26 tonnes, brisée en deux, surgissant de la poussière de Black Rock City : c’est le pari spectaculaire de Philippe Maindron, entrepreneur vendéen et fondateur du festival de Poupet, pour Burning Man 2026.
Le projet, baptisé Eiffela Broken Dream, est né d’une histoire personnelle avec le festival. Philippe Maindron découvre Burning Man il y a douze ans. Fasciné par la créativité et la démesure de la Playa, il se fait alors une promesse : y revenir un jour, mais cette fois en tant qu’artiste.
Douze ans plus tard, c’est chose faite. Son projet a été retenu parmi environ 500 propositions artistiques pour l’édition 2026.
L’œuvre représente une Tour Eiffel effondrée, comme fracassée dans le désert. Au-delà de l’image spectaculaire, Philippe Maindron veut évoquer les dégâts liés au changement climatique, mais surtout la manière dont on peut se reconstruire après l’effondrement. Entre les deux morceaux de la structure, un funambule traverse le vide, transformant symboliquement la ruine en passage et la chute en possibilité de renaissance.
72 heures chrono sur la Playa
La prouesse est aussi logistique. Construite et préassemblée en Vendée, la structure a traversé l’Atlantique avant de rejoindre le Nevada. Pour gagner un temps précieux, une partie de l’équipe s’est installée en amont à Reno, à environ deux heures de Burning Man, où près d’un quart de l’œuvre a été préassemblé.
Une fois l’emplacement officiel attribué à Black Rock City, le véritable compte à rebours a commencé : 72 heures seulement pour monter Eiffela au milieu du désert, dans la chaleur, la poussière et les conditions particulièrement exigeantes de la Playa.
Un défi technique et humain pour l’équipe française, arrivée en plusieurs vagues dans le Nevada à quelques jours de l’ouverture du festival.
Le projet, dont le budget avoisine les 300 000 euros, a par ailleurs été autofinancé par Philippe Maindron, qui a notamment contracté un emprunt pour permettre à l’aventure de voir le jour.
Après des mois de préparation en France, des milliers de kilomètres parcourus et trois jours de montage intensif, la Dame de fer version Burning Man a finalement trouvé sa place dans l’immensité du désert.
Une French touch monumentale et volontairement fragile, à l’endroit même où Philippe Maindron avait rêvé, douze ans plus tôt, de revenir un jour avec sa propre création.

