À l’occasion de sa venue en Californie avec son spectacle Emmanuel 2, présenté par French Talent USA, l’humoriste et acteur Manu Payet s’est confié à MerciSF. Entre confidences sur la paternité, souvenirs de son enfance à La Réunion et passion intacte pour la radio, il évoque un spectacle profondément personnel, né d’une expérience de vie qui a transformé son regard sur lui-même.

Un spectacle sur la paternité… et le temps qui passe

Dans Emmanuel 2, Manu Payet prolonge le récit entamé dans son précédent spectacle, mais avec une nouvelle maturité. Ce seul-en-scène explore une période charnière de sa vie : celle où il découvre qu’il peut devenir père, alors qu’il pensait longtemps que cela ne serait pas possible.

« Ce spectacle raconte l’histoire d’un homme qui accepte de vieillir. C’est aussi l’histoire d’un gars qui pensait ne jamais pouvoir devenir papa et qui découvre qu’il peut l’être. »

Sur scène, l’humoriste transforme cette expérience intime en matière comique, avec une approche très personnelle : il préfère rire de lui-même plutôt que d’observer les autres. Derrière l’humour se dessine aussi une forme de réflexion sur la masculinité et la manière dont les hommes vivent parfois ces questions en silence. Ce thème, confie-t-il, suscite souvent des réactions inattendues dans le public. Certains spectateurs viennent lui raconter leur propre histoire après le spectacle, parfois avec beaucoup d’émotion. Pour lui, ces échanges confirment que ce projet dépasse largement le simple divertissement.

« Je n’ai écrit que la vérité. Je l’ai fait d’abord pour moi, parce que ça me faisait rire et que ça me faisait du bien. Je ne savais pas que ça toucherait autant de gens. »

Entre stand-up et récit personnel

Si son spectacle est souvent associé au stand-up, Manu Payet préfère parler d’une forme hybride, à mi-chemin entre le stand-up et le théâtre seul-en-scène. Loin des codes du stand-up américain basé sur l’interaction permanente avec le public, il privilégie un rapport plus narratif et intime. Son spectacle fonctionne comme un récit dans lequel les spectateurs plongent pendant une heure et demie, parfois jusqu’à oublier ce qui se passe à l’extérieur.

Pour l’artiste, ce moment suspendu est essentiel : c’est ce qui permet au public de se reconnaître dans des situations universelles comme la famille, la parentalité ou les doutes que l’on traverse en avançant dans la vie.

Une enfance réunionnaise qui a façonné son humour

Avant Paris et les scènes françaises, Manu Payet a grandi à La Réunion, une île dont il évoque volontiers le métissage culturel. Située sur l’ancienne route des épices, l’île a accueilli au fil des siècles des populations venues d’Inde, de Chine, d’Afrique ou d’Europe, créant une société profondément mélangée. Cette diversité a façonné son regard sur le monde et son sens de l’autodérision. Mais l’humoriste souligne aussi qu’il a grandi dans une famille très stricte, où le rire n’était pas forcément la première langue.

C’est justement dans ce contexte qu’il a développé son goût pour la comédie : faire rire ses parents est devenu une manière d’alléger l’atmosphère.

Adolescent, il poursuit ses études en internat en Afrique du Sud, où il découvre la tradition du stand-up anglophone. Les spectacles du comédien américain Richard Pryor, qu’il admire profondément, influencent durablement son approche du récit humoristique.

La radio, une passion intacte

Manu Payet ©Arno Lam-SP

Si la scène et le cinéma ont fait sa notoriété, la radio reste l’un des fils rouges de sa carrière. Manu Payet anime aujourd’hui l’émission dominicale Studio Payet sur France Inter, un rendez-vous conçu comme un moment de détente pour accompagner la fin du week-end : « un sympathique remède au Blues. du dimanche soir » selon Télérama

L’émission est volontairement conviviale et légère. Entouré de son équipe, il y cultive une atmosphère de bande, proche de l’esprit de ses débuts à la radio dans les années 1990. 

Cette expérience, explique-t-il, nourrit également son travail sur scène : la radio reste un laboratoire permanent d’improvisation et d’humour.

Cap sur la Californie

La tournée californienne représente pour lui l’occasion de retrouver les États-Unis et de jouer devant un public français expatrié. L’idée de présenter son spectacle loin de la France l’amuse autant qu’elle l’intrigue : l’humoriste est curieux de voir si son histoire trouvera le même écho de l’autre côté de l’Atlantique. Mais il reconnaît aussi que cette aventure doit beaucoup à l’énergie de l’équipe qui l’accueille.

« Ma motivation, c’est d’aller raconter mon histoire ailleurs et voir si elle traverse les frontières. Et puis surtout, les filles de French Talent ne m’ont pas lâché… je suis obligé de venir ! »

Avant de conclure l’entretien il lance un message simple aux Français de la côte Ouest : « See you there » !

 

28 Avril : Guild Theatre – Menlo Park
Billetterie ici (liste d’attente)
29 Avril : Brava theater – San Francisco
Billetteries, cliquez ici

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