Dans ECHO, le nouveau spectacle immersif du Cirque du Soleil, un personnage rayonne par sa présence lumineuse et sa poésie aérienne : Future, incarnée par la jeune artiste française Louana Seclet. Née dans une famille de cirque, entre caravanes, chapiteaux et ateliers de montage, Louana a toujours vécu entourée d’artistes… sans pour autant imaginer que sa vie entière se déroulerait sous le signe du trapèze Washington, une discipline spectaculaire et rare qu’elle maîtrise aujourd’hui avec une grâce singulière.

Rencontre à San Francisco avec une artiste dont le parcours est aussi inspirant que son personnage sur scène.

« Je suis née dans le cirque, mais je ne pensais pas en faire mon métier »

Louana a grandi dans une famille où le spectacle faisait partie du quotidien. Son grand-père paternel était artiste de rue — cracheur de feu, musicien, performeur — avant de devenir directeur de MJC dans les Vosges. À l’adolescence, son père découvre le cirque Morales, une troupe invitée par son propre grand-père dans les MJC qu’il dirigeait. Cette rencontre est un choc : “C’est ça que je veux faire”. Il rejoint alors l’Académie Fratellini, puis la première promotion du CNAC ; il devient l’un des pionniers du trapèze Washington, une discipline presque oubliée, qu’il redéveloppe en France après avoir découvert une vieille vidéo dans une bibliothèque.

Bien plus tard, ses parents fonderont leur propre compagnie, Charivari, active encore aujourd’hui

De son enfance, Louana garde des souvenirs de chapiteaux montés l’été, de spectacles familiaux, d’ateliers cirque dans les MJC et de caravanes comme maison de vacances.
Mais paradoxalement, enfant, elle ne rêve pas de suivre cette voie :

« C’était tellement naturel que je ne me disais pas je veux faire ça. Je voulais être vétérinaire, faire du sport, de l’escalade… » 

À 17 ans, la révélation du trapèze Washington

À l’adolescence, son père lui lance un ultimatum bienveillant : « C’est maintenant ou jamais si tu veux faire du cirque sérieusement. » Elle commence alors plusieurs années d’entraînement quotidien aux équilibres, avant que son père ne ressorte « son vieux trapèze du grenier ».

« La première fois que je suis montée dessus, je me suis dit : Mais qu’est-ce que c’est que ce truc ?! » 

.Mais la persévérance fait son œuvre : « Je suis un peu compétitive… j’ai fini par y prendre goût. Et j’ai développé un vrai talent et une expertise. »  Son premier numéro officiel arrive vers 19–20 ans.

Une kiné devenue artiste : un parcours atypique

Poussée par sa mère, dentiste, Louana mène en parallèle des études de masso-kinésithérapie. Chaque soir, après les cours, elle s’entraîne pour préparer les auditions de sa future école de rêve : l’École Nationale de Cirque de Montréal. En 2016, diplôme de kiné en poche, elle s’envole pour le Québec et entame trois années d’apprentissage intensif. Elle y perfectionne sa technique avec le coach Yuri Bozian et développe un second art : l’antipodisme (jonglage avec les pieds). « J’aurais pu tout apprendre à la maison, mais il me manquait tellement de choses pour me développer artistiquement. »  Sa proximité avec le Cirque du Soleil — littéralement voisin de l’école — en fait un vivier stratégique pour entrer dans la compagnie.

L’entrée au Cirque du Soleil : un rêve devenu réalité… puis mis en pause

En 2019, elle est recrutée sur un premier projet, Under the Same Sky, annulé ensuite par la pandémie. Elle poursuit alors sa route en Allemagne, dans des variétés, des théâtres, des émissions TV… jusqu’au jour où le Cirque du Soleil l’appelle à nouveau : « J’avais tiré un trait sur ce rêve. Et deux ans et demi plus tard, ils me rappellent : Est-ce que tu es prête ? »  Après un projet spécial à Malte, elle rejoint ECHO pour la création du spectacle, dès Montréal.

Future : un rôle construit sur sa propre énergie

Louana a participé à tout le processus de création du personnage :

« Le personnage est beaucoup basé sur ma personnalité : mon énergie, mon apparence, même le fait que je sois toujours avec mon chien. » 

Elle insiste : elle ne voulait pas jouer une enfant. « Je leur ai dit : je ne suis pas une petite fille. Je peux être une jeune femme, avec son histoire, sa naïveté, mais pas une enfant. Le script a été adapté. »  Son interprétation repose sur l’empathie, l’instinct, l’intuition — trois éléments qu’elle porte naturellement. Ce qu’elle souhaite transmettre au public ?

« J’espère qu’ils repartent avec une lueur d’espoir dans le cœur. » 

Une discipline risquée : entre rituels, rigueur et amour du trapèze

Avant chaque spectacle, Louana suit un rituel précis : inspection du trapèze, contrôle des mousquetons,  vérification du tape, bisou porte-bonheur à son appareil : « Pour moi, si tu donnes de l’amour à ton appareil, il te le rend. » 

Elle s’échauffe ensuite avec une routine millimétrée de 6 minutes pour se recentrer, calmer sa respiration et entrer dans un état d’hyper-concentration. Le rythme du Cirque du Soleil est exigeant : plus de 350 spectacles par an — elle en est déjà à plus de 848 représentations. Pour durer, elle combine entraînement, mobilité, escalade, vélo, surf, ski, et suit aujourd’hui une formation d’instructrice de Pilates qu’elle met au service des artistes et techniciens.

La tournée, une deuxième famille

Louana est en couple avec un artiste brésilien du spectacle, actuellement en rééducation à Montréal : « On construit notre vie de famille sur la route. Ma deuxième famille, c’est les artistes, c’est Kevin, c’est tout le monde ici. »  Sa famille d’origine vient régulièrement la voir lors des tournées.

Quant à San Francisco oú elle est installée depuis mi-novembre, la ville lui plaît déjà : Valencia Street, ses boutiques vintage, et un thrift shop : Community Thrift Store (CTS), qu’elle recommande avec enthousiasme.

Son moment de grâce sur scène

Louana évoque la scène finale d’ECHO, sans spoiler, comme le point culminant de sa connexion au public : « Quand le cube tourne à la fin… c’est l’image la plus forte. On se regarde entre 

Inspirations et rôle-modèles

Parmi les figures qui l’ont façonnée :
• Son père, première inspiration.
• Anya Wittenbach, trapeziste Washington dans O, qu’elle regardait enfant sur YouTube — et qu’elle a finalement rencontrée.
• Pinita del Oro, pionnière de la discipline.
• Pina Bausch, pour sa vision de la danse.
• Frida Kahlo : « Sa vie tumultueuse et douloureuse a créé ses plus belles œuvres. J’admire sa dévotion. » 

Et après ?

Pour les années à venir, Louana se voit continuer ECHO au moins cinq ans, avec une étape qu’elle attend particulièrement : « Aller en Europe pour montrer le spectacle à ma famille qui m’a vue partir il y a dix ans. »  Elle rêve aussi de créer des numéros avec son compagnon et de faire avancer leur projet de maison au Brésil.

Artiste instinctive, travailleuse acharnée, profondément connectée à son histoire familiale, Louana incarne Future avec une authenticité rare. À travers elle, ECHO prend une dimension profondément humaine, entre héritage, poésie et envol.

Une rencontre lumineuse — et un talent à suivre.

Merci Louana !



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