De Minneapolis à Montpellier, et désormais bien ancré dans le quartier de Glen Park à San Francisco, le chef Joseph Magidow a pensé La Cigale comme une expérience culinaire autant qu’un lieu de rencontre de quartier.
Joseph grandit dans une famille où le « fait maison » est important, il fait ses premiers pas en cuisine au lycée, et son passage en France le convainc d’en faire sa profession. Après des expériences formatrices chez Delfina et Tawla à San Francisco, Joseph se lance pour créer quelque chose de vraiment personnel : un restaurant occitan qui capture la chaleur, la diversité et l’hospitalité du Sud de la France : La Cigale.
L’Atmosphère
À l’intérieur de La Cigale, l’intimité est au cœur de l’expérience. Le comptoir rectangulaire de 15 places est centré autour du four de la cuisine: chaque plat est préparé et servi directement par Joseph.
Inspiré par les restaurants de type Omakase – ce terme japonais signifie « je m’en remets à vous » – Joseph a voulu une “hospitalité de proximité”: des plats et des conversations qui circulent naturellement entre le chef et ses invités. Son objectif était simple : convivialité, détente et gastronomie.
« Nous voulions de l’intimité, un lieu qui ressemble à une maison, pas à un restaurant pour les grandes occasions. » explique Joseph. Et le quartier soudé et intergénérationnel de Glen Park s’est révélé être le cadre idéal. Comme les cafés européens facilement accessibles, La Cigale se trouve à quelques pas de la station BART. Peut-on faire plus européen que d’utiliser les transports publics pour aller dîner ?
Même si Joseph est seul en cuisine, La Cigale ne serait pas ce qu’elle est sans la seconde moitié du duo : Daisy Linden, l’épouse de Joseph et le cœur créatif du lieu, de la décoration intérieure à la communication, jusqu’au menu manuscrit sur ardoise – si français !
Dans l’assiette
Tout en étant centrée sur la cuisine française, La Cigale adopte l’approche « farm-to-table » chère à San Francisco, avec un menu qui change chaque jour selon les arrivages des fermes de la Baie. Les livraisons ont lieu de trois à six fois par semaine, et Joseph achète en petites quantités pour garantir la fraîcheur des produits et la flexibilité du menu.
La cuisine occitane guide sa créativité. Joseph aime rappeler que “les contraintes façonnent la créativité. Les produits frais sont toujours le point de départ, mais les traditions me donnent une direction ». Cette approche met en valeur l’abondance de la région tout en rendant hommage aux saveurs typiques du Sud de la France.
La Touche en Plus
A la Cigale, l’addition est également unique, du moins selon les standards américains. Un prix fixe: 140 $ pour un menu trois services, tout inclus. Pas de lignes séparées pour les taxes ou le service. Rien de sorcier. “La plupart du monde fonctionne ainsi,” explique Joseph, notant qu’il souhaite que la dernière impression soit aussi agréable que la première bouchée. L’addition est écrite à la main: une dernière touche personnelle avant que les invités ne rentrent chez eux.
Les réservations suivent le principe de la réservation à la minute : la liste d’attente ouvre à 18h le jour même, garantissant aux habitants du quartier de pouvoir venir sans avoir à planifier des semaines à l’avance. “À quoi bon avoir un super resto dans son quartier, si c’est toujours complet ?” demande Joseph.
Selon le site du restaurant, les invités en attente peuvent “se faire servir un apéro tout en regardant les passants depuis les fenêtres de La Cigale”, ou bien aller boire un verre au Glen Park Station Bar sur Diamond Street.
Envie de découvrir les saveurs de l’Occitanie et de faire connaissance avec le quartier du chef Magidow ? La Cigale est probablement ce qu’il vous faut : une touche unique, la richesse de l’écosystème alimentaire californien et une bonne dose d’esprit de quartier. J’ai hâte d’y passer, d’observer les passants en attendant ma table, et de voir Joseph à l’œuvre.
Les coups de cœur du chef :
- Restaurant français préféré : L’Ardoise sur Noe Street. On a vraiment l’impression d’être à Paris, c’est accueillant et plein de locaux.
- Ce qui me manque le plus de la France ? Les marchés, ou les « marchés paysans » comme on les appelle aux États-Unis. On peut y aller quotidiennement.
- Plat préféré de la région occitane ? Les fruits de mer à Aigues-Mortes, notamment les tellines, ces petites palourdes, dégustées avec un bon verre de vin sur la plage.
- Si je devais quitter la Baie, quel plat ou nourriture me manquerait le plus ? Je pense que San Francisco offre la cuisine chinoise régionale la plus riche et variée. Par exemple, le restaurant Terracotta Warriors propose de nouilles typiques de la ville Xi’an – faites maison, savoureuses et nourrissantes.
La Cigale, 679 Chenery St, San Francisco, CA 94131, Ouvert du mercredi au samedi de 18h à 21h

