Légende vivante du rock français, Louis Bertignac a marqué plusieurs générations avec le groupe Téléphone, avant de poursuivre une carrière solo riche et singulière. Guitariste, chanteur, compositeur et producteur, il viendra en septembre 2025 pour un concert exceptionnel dans la Baie de San Francisco, produit par French Talent USA. L’artiste sera également en tournée à New York et à Los Angeles. MerciSF a eu le plaisir de l’interviewer avant sa venue.

Qu’est-ce qui vous pousse encore, après toutes ces années, à monter sur scène avec la même énergie ?

C’est ce qui m’apporte le plus de plaisir dans ma vie. Jouer de la musique avec mes musiciens, devant des gens, c’est un bonheur à chaque fois. Depuis toujours, je cours après ça : la recherche du plaisir. Même quand j’étais étudiant et que j’hésitais entre médecine et la musique, j’ai choisi ce qui me faisait vibrer.

Aujourd’hui encore, je tourne 60, 80, parfois 100 concerts par an, parce que c’est ce que j’aime le plus faire.

Cette recherche du plaisir guide aussi ma vie personnelle. Cette année, j’ai décidé de voyager avec ma famille. Mon fils suivra les cours à distance, et nous allons découvrir Tahiti, l’Inde et le Népal. C’est une autre façon de profiter pleinement de la vie, de s’ouvrir au monde et de partager ces expériences ensemble.

Vous jouerez bientôt dans la Baie de San Francisco. Que représente pour vous ce retour aux États-Unis ?

J’ai un vieux coup de cœur pour les États-Unis. J’y suis venu pour la première fois à 18 ans et j’ai failli y rester ! Revenir, c’est toujours un plaisir. Et je jouerai le même répertoire qu’en France, sans traduction : mes chansons solo, et bien sûr les classiques de Téléphone. Et peut-être une surprise : j’ai enregistré un album en anglais, encore inédit, dont je pourrais faire écouter quelques extraits au public de San Francisco.

Justement, comment abordez-vous aujourd’hui les chansons de Téléphone par rapport à vos titres plus récents ?

Pour moi, ça ne change rien. Que ce soit un vieux morceau ou un titre récent, je prends une guitare et je joue avec mes potes. Je commence souvent mes concerts avec des chansons de mon dernier album, puis je pioche dans mon répertoire solo, et je termine avec les classiques de Téléphone.

Y a-t-il des titres de votre carrière solo que vous aimez particulièrement partager sur scène ?

Oui, bien sûr. Des essentiels comme Ces idées-là, Vas-y guitare, des ballades, des morceaux plus rock… J’ai l’embarras du choix, après toutes ces années !

Vous avez aussi travaillé comme producteur, notamment pour Carla Bruni. Qu’est-ce qui vous attire dans ce rôle ?

Être producteur, c’est un autre métier, différent de la scène, mais que j’aime aussi. J’ai eu la chance de travailler avec de grands producteurs quand j’étais dans Téléphone, comme Glyn Johns ou Bob Ezrin. Leur calme et leur maîtrise m’avaient impressionné. Quand j’ai eu l’occasion de prendre cette casquette, j’étais ravi. Ça m’a beaucoup plu et aujourd’hui je continue à produire, y compris pour moi.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration aujourd’hui ?

Mes influences restent surtout les “anciens” : les Beatles, les Stones, Hendrix, Otis Redding. Ils m’ont tout appris. Bien sûr, j’écoute aussi des groupes actuels comme Blackberry Smoke ou Blake Shelton, mais c’est différent. Mon fils écoute beaucoup de rap, et même si j’essaie, ça me séduit rarement… à part quelques artistes comme MC Solaar ou Eminem.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux jeunes musiciens qui vous considèrent comme un modèle ?

Ce n’est pas quelque chose qui se transmet en paroles. On apprend surtout en écoutant et en observant les autres musiciens. Moi, j’ai appris des Beatles et des Stones sans qu’ils aient besoin de me dire quoi faire. Le seul vrai conseil que je peux donner, c’est : « vas-y, continue ». Ceux qui aiment vraiment la musique, ce sont eux qui vont le plus loin.

Un mot pour le public de San Francisco ?

Venez nombreux ! J’aime jouer dans des salles pleines, pas vides (rires). Et si vous pouvez amener quelques amis américains, ce serait encore mieux. J’aimerais séduire aussi le public francophile et anglophone.

Date : 24 septembre 2025
Adresse : Guild theatre, Menlo Park
Billetteries ici

 

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