« Je suis arrivé avec un sac à dos, 500 dollars et mon meilleur ami. »
Vingt ans plus tard, Germain Michel est à la tête de plusieurs bars à vin et restaurants sous l’enseigne Amélie, de San Francisco à New York, en passant par Fairfax et Washington D.C. Il vient de recevoir le prix FABA 2025 de la meilleure entreprise de la Baie de San Francisco dans la catégorie “food” — une reconnaissance qui ne salue pas seulement un parcours entrepreneurial, mais une philosophie : mettre l’humain au cœur de tout.

Un rêve d’enfant… devenu réalité

Germain a grandi à Valence, au cœur de la vallée du Rhône. Issu d’une famille de garagistes, il rêve dès l’enfance d’avoir un jour son propre restaurant. Stages en cuisine, jobs d’été, premiers services… Il plonge très tôt dans le monde de la restauration. À 21 ans, il part aux États-Unis pour apprendre l’anglais. Il n’en repartira pas.

Installé à San Francisco, il enchaîne les postes jusqu’à rencontrer Samy, restaurateur chevronné, qui lui confie la gestion du restaurant Chouchou. Deux ans plus tard, en 2006, ils ouvrent ensemble Amélie sur Polk Street, un bar à vin nouvelle génération dans un quartier encore peu fréquenté. La sauce prend immédiatement.

Une croissance portée par la confiance

Amélie devient vite un lieu de rendez-vous pour la communauté franco-européenne. L’expansion suit un rythme organique : New York West Village en 2011, le restaurant au bib gourmand Michelin « Michel » à Oakland, Upper West Side en 2018, puis Washington D.C. et enfin Fairfax en 2020.
Chaque nouvelle ouverture est le fruit d’une relation de confiance. « J’aime m’associer avec des gens que je connais, avec qui j’ai travaillé. Ce sont des histoires humaines avant d’être des projets business. »

Une carte maîtrisée… et incarnée

Chez Amélie, la carte des vins n’est jamais laissée au hasard. Germain a passé le niveau 3 du diplôme du « Court of Master Sommelier », un cursus reconnu dans le monde de la sommellerie. Il est également copropriétaire d’un vignoble en biodynamie dans le Minervois (Domaine de Somail) et a lancé une cuvée de Malbec en Argentine. Il travaille avec des importateurs qu’il connaît personnellement et sélectionne ses bouteilles avec rigueur… mais toujours avec confiance : « Je dois connaître le palais de ceux avec qui je travaille, et eux doivent comprendre le mien. »

Côté cuisine, c’est Anthony Le Mortalec, un chef formé chez Ducasse à Paris, qui supervise l’ensemble des cartes. Passé aussi par Plouf, Garçon à San Francisco puis Boqueria à New York, il est aujourd’hui associé à l’adresse de Washington D.C. et travaille en étroite collaboration avec Germain sur les menus de tous les établissements. À San Francisco, c’est Oscar, en poste depuis 18 ans, qui tient la barre en cuisine.

L’humain avant tout

Le mot revient sans cesse dans la bouche de Germain : l’humain. Ses équipes sont fidèles.

« La plupart de mes cuisiniers sont là depuis plus de dix ans. Même les plongeurs. » Il les respecte, les paie bien, les responsabilise. « Je veux qu’ils soient meilleurs que moi, pas des clones. Je pose un cadre, mais je les laisse être eux-mêmes. »

Cette exigence bienveillante s’accompagne d’un véritable esprit de transmission : toutes les deux semaines, il organise des quizz pour ses équipes sur les plats, les accords mets-vins ou le service. « J’adore transmettre ce que j’apprends. Le savoir, c’est une énergie collective. »

Famélie : un mot qui dit tout

Un néon trône dans le bar de Polk Street, simple et lumineux : “Famélie”. Un mot-valise entre family et Amélie, qui dit tout : ici, on est en famille.
Pas la famille de naissance, mais celle qu’on choisit, qu’on construit, qu’on garde. Celle des clients fidèles, des anciens employés devenus associés, des fournisseurs qu’on tutoie, et des cuisiniers qui sont là depuis 10, 15 ou 18 ans.
“Famélie”, c’est plus qu’un jeu de mots, c’est un état d’esprit.

L’efficacité au service de la vision

Derrière l’ambiance chaleureuse et décontractée d’Amélie, il y a aussi une véritable rigueur entrepreneuriale. Germain ne laisse rien au hasard : il connaît ses marges, suit ses indicateurs, optimise ses menus. Pour gagner du temps et garder un œil sur l’essentiel, il s’appuie sur des outils modernes et l’AI, qu’il utilise pour affiner ses « food costs » ou structurer ses cartes.
Une démarche qui illustre son esprit entrepreneurial agile, sa culture de l’excellence et son adaptabilité aux outils d’aujourd’hui — sans jamais perdre de vue l’âme de ses établissements.

Une discipline inspirée du tatami

En parallèle de ses activités professionnelles, Germain pratique le jiu-jitsu intensément. Ce sport de combat lui apporte rigueur, humilité, capacité à encaisser les coups et à se relever — autant de qualités qu’il applique à la gestion de ses restaurants.
« Le jiu-jitsu me recentre. C’est une discipline exigeante, mais elle m’aide à garder l’équilibre, surtout dans un métier aussi intense. »

Et après ?

Pas d’expansion précipitée. Germain préfère consolider l’existant, faire évoluer les cartes, peaufiner l’expérience client. Il parle aussi de transmettre davantage, de former ses équipes, de faire rayonner encore un peu plus cet esprit Amélie, fait de chaleur, de rigueur… et d’un vrai amour du métier.

Est-ce que le secret de la longévité d’Amélie, c’est Germain lui-même ? Peut-être. Mais c’est surtout sa manière de toujours remettre l’humain au centre : dans la relation au client, à ses employés, à ses partenaires. Un état d’esprit rare… et précieux.

Merci Germain !

 

Subscribe To Our Newsletter

You have Successfully Subscribed!

Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les dernières infos de MerciSF

Vous êtes maintenant dans notre base de données et vous recevrez notre newsletter ! Merci