Invité d’honneur de Frenchfounders dans le cadre de SF Climate Week et reçu à la Résidence de France par le Consul Général de France Frédéric Jung, l’explorateur et entrepreneur Simon Bernard a fait une escale remarquée à San Francisco pour plonger dans l’écosystème de la Baie et propulser l’ONG Plastic Odyssey qu’il a co-fondée avec Alexandre Dechelotte vers de nouveaux sommets dans la lutte contre la pollution plastique en construisant un réseau de partenaires aux États-Unis.

Originaire de Concarneau en Bretagne, l’officier de marine marchande qui se destinait à une carrière dans le transport maritime prend conscience de l’amplitude du problème de la pollution côtière lors d’un voyage à Dakar au Sénégal en 2016 où il visite l’une des plages les plus polluées au monde. Il décide alors de s’attaquer au problème et d’agir “sur le terrain” en lançant Plastic Odyssey, une expédition de trois ans à travers le monde sur un navire laboratoire qui teste et déploie des solutions de recyclage des déchets plastiques dans les zones côtières les plus touchées par la pollution plastique.


Un constat alarmant

Chaque minute, 40 tonnes de déchets plastiques sont déversées dans l’océan, une quantité colossale de plastique qui s’échoue en masse sur les zones côtières ou finit en mer, entraînant des catastrophes environnementales à travers le monde. Si nous n’agissons pas à temps, il y aura plus de plastique que de poissons dans l’océan d’ici 2050.

Partant du constat que 80% de la pollution plastique provient des villes côtières dans une trentaine de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, l’expédition fait escale dans ces zones côtières les plus polluées pour mettre en place des solutions locales de recyclage du plastique et les répliquer ensuite partout dans le monde.


Nettoyer le passé et construire l’avenir

“L’idée est d’aller collecter les déchets plastiques à la source et ensuite de les transformer en ressource pour éviter qu’ils n’arrivent dans l’océan. Ces solutions de recyclage local sont aussi un moteur de développement économique et social considérable pour les communautés locales”, nous explique Simon.

En rendant les comportements écologiques financièrement rentables pour ceux qui souhaitent s’engager dans le recyclage, les acteurs locaux sont ainsi incités financièrement à recycler, car la production de biens de construction à partir de déchets plastiques comme matières premières devient un outil clé de développement économique. 

Ainsi, les deux objectifs du projet sont atteints : le passé est nettoyé et le développement économique favorise un avenir plus durable, sans plastique et fondé sur un modèle d’économie circulaire.


Transformer le plastique en ressource

Plastic Odyssey accueille les entrepreneurs locaux à bord de son bateau laboratoire et travaille avec eux pour prototyper les solutions et créer ensuite des micro-usines de recyclage, encourageant ainsi la création d’entreprises locales de recyclage et d’emplois locaux. 

Pour aller encore plus loin dans l’installation et l’exploitation de ces micro-usines de recyclage, Plastic Odyssey a créé un réseau de franchises pour mutualiser les services et réduire les risques d’échecs de ces entreprises de recyclage locales. 

L’organisation travaille également sur la réduction de la consommation de plastique avec une équipe à bord du bateau qui sensibilise les communautés locales à utiliser moins de plastique, à trouver des alternatives et à présenter des innovations locales qui remplacent le plastique par d’autres matériaux pour l’usage quotidien.


Un océan de possibilités d’utilisation du plastique recyclé

Grâce à des dispositifs et des technologies de recyclage prêts à l’emploi, peu coûteux et en open-source, les déchets plastiques sont triés, nettoyés, puis transformés sur place en produits finis comme des matériaux de construction: pavés, toiture, palettes. Tout ce plastique collecté et recyclé ouvre un océan de possibilités de solutions et d’utilisations possibles.

Par exemple, à Conakry, en Guinée, Plastic Odyssey a travaillé avec un entrepreneur local pour fabriquer des pavés pour les routes, offrant ainsi une alternative à faible empreinte carbone au ciment. Dans le même esprit, des tuiles en plastique peuvent être utilisées pour l’isolation des maisons, offrant de meilleures performances que la tôle. Les planches en plastique peuvent remplacer le bois dans la fabrication de nombreux produits. À Bogota, en Colombie, un entrepreneur a construit des maisons entières à partir de planches en plastique recyclées. Il existe un potentiel considérable pour créer une variété de structures à partir de plastique recyclé. 

“Nous avons par exemple nettoyé une plage en Polynésie où nous avons recyclé des déchets de la perliculture  (filets, grillages, cordages..) en mobilier pour une île voisine.”, ajoute Simon.


Impossible Cleanups : restaurer les écosystèmes éloignés 

L’autre grand défi que s’est lancé Plastic Odyssey est de réaliser des missions nettoyage impossibles dans des zones éloignées où l’opération de collecte et de transport du plastique est particulièrement périlleuse, et de permettre ainsi la restauration des écosystèmes et la préservation de la biodiversité dans ces environnements fragiles.

« Nous avons également mis en place un programme de restauration de l’écosystème pour les zones où il n’y a pas de consommateurs de plastique, mais où le plastique s’échoue naturellement avec les courants.

C’est le cas de l’île d’Henderson, un atoll isolé du Pacifique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour sa biodiversité exceptionnelle, mais qui présentait la plus forte densité de déchets plastiques au monde. Les précédentes tentatives de nettoyage sont restées inachevées en raison de la barrière corallienne qui l’entoure. Le défi est de traverser le récif corallien sans l’endommager, une étape difficile en raison des rochers et des vagues qui bloquent l’accès à la plage. L’extraction des déchets par des moyens conventionnels est donc impossible. Une autre expédition en 2019 a échoué en raison des conditions météorologiques, des défis logistiques et du manque de ressources.

Cinq ans plus tard, en 2024, les explorateurs de Plastic Odyssey se sont lancés dans l’aventure avec une approche totalement innovante. Après avoir établi un camp de base sur l’île pendant 10 jours pour récupérer les 6 tonnes de déchets de la mission précédente et les 3 nouvelles tonnes de plastique accumulées depuis, l’équipe a réussi à retirer et transporter les déchets au-dessus du récif corallien à l’aide d’un parachute ascensionnel propulsé par un moteur de moto stationné à bord du bateau. Voir les images de cette incroyable expédition ici : https://henderson.plasticodyssey.org/fr/suivre-en-direct/


Après huit jours d’efforts acharnés, neuf tonnes de plastique ont été retirées, ce qui a permis de restaurer la beauté naturelle de l’île et de rendre l’île d’Henderson – désormais débarrassée des déchets plastiques – à ses rares espèces endémiques.

Le succès de l’Expédition Henderson a ouvert la voie au déploiement de nouvelles missions de nettoyage impossibles dans d’autres zones isolées et fortement polluées, telles que le Cap-Vert, où l’une des zones côtières était inaccessible en raison de l’accumulation de déchets.

Rien n’arrête Plastic Odyssey dans sa quête de solutions à la pollution plastique.

Suivez et soutenez ses prochaines expéditions en vous rendant sur : 

https://plasticodyssey.org/
https://www.instagram.com/plasticodyssey/
https://www.linkedin.com/company/plasticodyssey/


Merci Simon 


Cette rencontre a été possible grâce à Frenchfounders, le réseau business francophone international.

Si vous êtes entrepreneurs, investisseurs ou corporates et souhaitez rejoindre un club business, rapprochez-vous de Frenchfounders via Clara Bousquet, basée à San Francisco (c.bousquet@frenchfounders.com).

 



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