Lorris Eichinger est grand, très grand. Il mesure 2 mètres et il s’avère que c’est un détail qui a son importance dans le milieu de la danse ; lui en est conscient depuis toujours tout comme le fait de vouloir devenir danseur.

​​Lorris Eichinger est un danseur français qui fait partie de la compagnie de renommée internationale Lines Ballet basée à San Francisco. Nous l’avons rencontré tout récemment et il nous a raconté comment son parcours l’a mené jusqu’à San Francisco « that he now calls home » et nous confie aussi que “cela peut paraître vraiment cliché mais depuis tout petit j’ai toujours su que je serai danseur professionnel« .

Le parcours

Né en France il y a 28 ans, Lorris commence sérieusement la danse à 10 ans au Conservatoire de Grenoble où il vit à l’époque. Il part rapidement à l’Ecole Nationale Supérieure de Danse de Marseille où il peut allier danse et études, un aspect fondamental pour ses parents qui le soutiennent depuis toujours dans son projet.

Et même pendant les vacances il en profitait pour faire des stages de danse. C’est ainsi qu’au cours de l’été 2010, il est repéré lors d’un stage par la School of American Ballet à New York pour intégrer la prestigieuse école !

Il quitte donc la France à 16 ans pour s’installer seul à New York.

Fondée par Balanchine, La School of American Ballet est l’école de danse  du New York City Ballet, elle le forme pendant 3 ans et à 19 ans il est déjà temps d’affronter la vie professionnelle. Après un passage à Seattle au Northwest Pacific Ballet, il repart en France pour danser avec le jeune Ballet de Lyon, et passe ensuite  par la compagnie néerlandaise De Dutch Don’t Dance.

Il choisit alors de s’expatrier en Israël pour rejoindre la compagnie Kamea ou il passera trois années intenses, très formatrices avec beaucoup de performances et où il forme des belles amitiés durables.

Lorris Eichinger by RJ Muna

photo © RJ Muna

Pourtant en parallèle, il auditionne pour Lines Ballet de San Francisco et il est admis à la seconde audition.. Il rêvait depuis longtemps d’intégrer Lines : « je suis fasciné par l’univers d’Alonzo King et j’admire ses collaborations avec de nombreux artistes » nous précise Lorris.

« Lines est à mon sens à l’intersection de la danse classique et du contemporain, le parfait mélange” selon lui.

Il débute ainsi en 2019 sa carrière à San Francisco avec le sentiment d’avoir trouvé sa place ; y compris au sens littéral du terme car c’est une compagnie de grands danseurs. « Tout le monde est grand à Lines, alors nous avons le même vocabulaire et parlons la même langue, je peux m’exprimer pleinement, par exemple quand je traverse la scène je n’ai pas besoin de raccourcir mes enjambées !“.

« J’ai également trouvé une deuxième famille au sein de la compagnie, je me sens faire partie d’un tout« . Car même si Lorris est habitué à vivre loin des siens depuis longtemps, ce n’est pas toujours facile au quotidien.

Mais Lines Ballet l’emmène en tournée cinq mois de l’année, dont une majeure partie en Europe avec beaucoup de spectacles en France. Et c’est un peu la consécration de pouvoir danser au Théâtre du Châtelet à Paris… ou encore á Grenoble !!

Les embûches

En 2020 la pandémie a mis les danseurs à l’arrêt ; fini les tournées, les spectacles et les entraînements collectifs. D’une discipline quotidienne de fer, les danseurs passent par une période de grand vide devant l’inconnu peinant à se réinventer.

Alonzo King parvient à canaliser leur énergie en créant la série vidéo There is no Standing Still pendant laquelle chaque danseur filmé en extérieur aux quatre coins de l’Amérique, exécute sa partie pour former une chorégraphie collective qui attirera l’attention du New York Times.

« Vous ne pouvez pas chasser l’obscurité d’un revers de bâton » écrit  Alonzo King dans sa déclaration artistique, « vous devez ouvrir la fenêtre de l’intelligence pour que la lumière puisse entrer« .

Ce fût un moment assez salvateur pour Lorris, tout comme la retraite en Arizona au mois de Novembre. Toujours au cœur de la pandémie, mais avec des restrictions qui 20220511_ Lorris Eichinger020s’allègaient, la compagnie a pu créer une “bulle “en résidence ». Inspiré par la première expérience de la video There is no Standing Still, Alonzo King réalise un film de danse à la fois filmé sur scène et dans la nature, cela s’appelle Origins et devrait sortir bientôt.

Lorris a donc poursuivi son parcours avec Lines qui a repris les tournées fin mai 2021 avec leur spectacle Azote.

En parallèle, il préparait le tout dernier spectacle Deep River et puis c’est la tuile. Fin mars 2022, en pleine tournée, Lorris se blesse à la cheville et doit s’interrompre brusquement. Il est tout d’abord submergé de douleur puis ensuite de culpabilité.

Son arrêt implique des changements de danseurs et diverses adaptations au sein du spectacle. Même si la compagnie l’accompagne dans son traitement, il se sent démuni et nourrit ce sentiment de ne plus servir à rien.

Cela le pousse à mener une réflexion sur son métier et sa carrière. En effet, la carrière de danseur signifie une retraite vers 45 ans et il souligne qu’il est important d’anticiper “à l’après ….avant”. Il profite de cette pause forcée pour prendre des cours en ligne et préparer un diplôme de licence en Psychologie et d’autres formations potentielles pour envisager le métier suivant.

A défaut de le voir danser dans l’immédiat, vous pourrez voir le tout dernier Ballet de Lines Deep River à Santa Rosa le 10 juin 2022

LINES Ballet on Tour in Santa Rosa, California

Merci Lorris, bon rétablissement !
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