Le Théâtre du Lycée Français de San Francisco va accueillir Nos Années Parallèles une pièce de Stéphane Corbin, mise en scène par Virginie Lemoine.

Virginie Lemoine a pris le temps de répondre à quelques questions au sujet de la mise en scène, élément essentiel que l’on oublie parfois tant on est pris par le jeu des acteurs et la qualité des dialogues. 

Parlez-nous de cette pièce dont vous avez fait la mise en scène :  qu’est-ce qui vous a séduite dans le texte de Stéphane Corbin ?

Tout d’abord, le fait que ce soit basé sur une histoire vraie ; quand Stéphane a perdu sa mère, il a écrit pendant 20 ans des petites chroniques dont il a voulu faire un spectacle. C’est extrêmement bien écrit, très touchant, très émouvant et âpre aussi.

C’est donc une histoire très humaine et plus l’histoire est particulière, plus elle est universelle. 

C’est touchant, mais c’est drôle aussi ? 

Oui, c’est drôle et c’est très important. Personnellement je crois beaucoup à la vertu de la comédie. Stéphane avait déjà publié ses petites chroniques mais quand il a parlé d’en faire une pièce de théâtre, je lui ai demandé de rajouter des éléments de comédie. 

C’est d’ailleurs comme cela que l’on a fait l’adaptation théâtrale ensemble. On a eu à coeur de rajouter beaucoup de légèreté. 

Quelle a été la réaction du public quand vous avez joué Nos Années Parallèles pour la première fois à Avignon ?

Les gens étaient très, très touchés, très émus. Les gens sortaient de la salle en pleurant d’émotion. 

C’est une pièce dans laquelle tout le monde peut se retrouver puisque que l’on y parle de la façon de faire le deuil de quelqu’un qui nous a quitté en bavardant avec cette personne, même si cela reste une conversation intérieure. 

C’est assez universel de continuer à s’adresser à une personne qui est partie, surtout si elle nous a touché de près. 

Mais le deuil n’est pas le seul sujet, il y a aussi la perdition de ce jeune homme qui a du mal à se construire sans sa mère. Et c’est seulement petit à petit, dans le souvenir qu’il a d’elle, qu’il va se retrouver.

Ce n’est pas la première fois que vous travaillez avec Stéphane Corbin ?

Non, en effet. Nous avons fait 31 que l’on avait d’ailleurs joué au TLF il y a quelques années. On travaille beaucoup ensemble. Nous sommes comme frères et sœurs avec Stéphane. 

Nos Années Parallèles est une pièce musicale :  est-ce que cela change votre approche de la mise en scène ? 

Stéphane tenait beaucoup à ce que ce soit une pièce musicale, et je trouvais que c’était une très bonne idée. Il faut bien sûr que la musique s’intègre de façon fluide dans la narration, mais c’est alors assurément un plus. La musique et le chant permettent d’illustrer une idée ou de faire une parenthèse. 

Sur le fond, cela ne change pas fondamentalement mon travail, on met en scène des chansons comme du texte.

nos annees paralleles san francisco

photo © Gina Nonne

Que pouvez-vous nous dire de spécifique au sujet de la mise en scène de cette pièce ?

Quand j’ai découvert le texte, j’ai tout de suite suggéré que la mère ne se déplace pas ; on sait dès le début de la pièce qu’elle est morte. 

Mais il me paraissait important qu’elle habite un lieu très confortable. On lui a mis un petit canapé, une table de nuit,un tapis, une lampe… Cela va avec l’image d’une vie accomplie. 

Le fils, lui peut rentrer dans le lieu où se trouve sa mère mais elle ne peut pas en sortir. Elle reste sur son canapé pendant tout le temps de la pièce. 

Quant à lui, il habite un escabeau. Ce n’est pas très confortable comme lieu de vie, à l’image de sa situation personnelle. 

Comment passe-t-on du métier d’actrice à la mise en scène ?

Mais en fait, c’est le même métier. Je trouve que c’est mieux d’être dirigé par un metteur en scène qui est aussi comédien. Je ne sais pas trop comment on peut faire de la mise en scène si on n’est pas comédien.

Que l’on soit dans le rôle de comédienne ou de metteuse en scène, on change seulement de prisme, on n’est pas du même côté de la scène, c’est tout. Les rouages sont les mêmes. 

Je continue de jouer en ce moment au théâtre du Splendid à Paris mais mon métier est de plus en plus la mise en scène. 

Des projets pour Avignon 2022 ?

Une pièce de Matei Visniec, Petit Boulot pour Vieux Clown, qui est entre la comédie italienne et Beckett. Cela va être très, très drôle et assez mordant. 

Et je monte aussi La vie est une fête, qui raconte la vie d’un homme du jour de sa naissance à son 45ème anniversaire. C’est très touchant et très drôle à la fois, et Stéphane Corbin qui fait la mise en musique. 

Nous allons vous voir à San Francisco pour la représentation au TLF ? 

Malheureusement non car je joue tous les soirs au Splendid jusqu’à fin mai Black Comedy, une pièce de Peter Schaffer. Mais ce n’est que partie remise. 

Si vous n’avez pas encore pris vos places pour Nos Années Parallèles, dépêchez vous, il n’y en aura peut-être pas pour tout le monde !

La pièce : Nos Années Parallèles
Adresse : Theatre Erick Moreau, LFSF, 1201 Ortega St, San Francisco
Date : vendredi 8 avril 2022 à 19h30
Billeterie ici

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