Le chemin vers le rêve américain peut être varié mais toujours difficile. Vincent Salimi est un exemple classique.

Naturalisé français en 2000, Vincent Salimi est né en Iran. Il a quitté son pays d’origine en 1984 avec ses parents alors qu’il était encore enfant. La famille s’installe alors à Paris et Vincent fait toute sa scolarité en France de la maternelle au lycée.

Élevé dans une famille qui aime parler politique, il s’y intéresse tout naturellement dès le plus jeune âge. “Si j’étais resté en France, j’aurais sûrement poursuivi une carrière politique », précise-t-il avant de nous parler de son aventure américaine. 

En effet, Vincent Salimi a le rêve américain chevillé au corps. Son Bac en poche, il décide de partir poursuivre ses études supérieures aux Etats-Unis et prépare alors un diplôme de Civil Engineering à San Francisco puis à Berkeley.

Ambitieux au sens noble du terme, il est aujourd’hui à la tête d’une entreprise de construction management qu’il a créé il y a dix ans, et avec laquelle il mène des projets de travaux publics en Californie et au Nevada. 

Passionné d’aviation, il est aussi le président du Concord Flying Club. Ce club, où l’on peut apprendre à piloter ou louer de petits avions, compte aujourd’hui 30 membres et 3 avions.

Mais comme si tout cela ne suffisait pas à remplir ses journées, Vincent Salimi décide de rentrer en politique en 2018. Il aime rappeler qu’il s’est découvert la passion de la politique en France, et décrit cette passion comme une vocation.

Salimi PinoleDevenu citoyen Américain en 2010, la législation lui permet de se faire élire au niveau local. C’est donc assez naturellement qu’il décide de postuler au conseil municipal de Pinole, une ville de 20,000 habitants. C’est une ville que l’on peut décrire comme “dortoir” qui est un peu le carrefour entre la Napa Valley et Contra Costa County. Vincent Salimi y réside ainsi que la famille de sa femme.

Il nous raconte : “Entrer en politique est une question de rencontre. Mon chemin a croisé celui d’un groupe de soutien démocrate puis celui de membres de différents syndicats”. Il ajoute, “Avant de participer à une élection, il faut faire tout un travail pour aller à la rencontre des différents groupes influents et gagner leur soutien. Par exemple, j’ai reçu l’investiture du syndicat de la police, de celui des pompiers et des différents syndicats ouvriers de la ville de Pinole. Les syndicats sont incontournables dans ce pays”. 

Elu depuis 2018, il fait partie de ce que l’on appelle ici le City Council mais cela ressemble plus au Conseil d’Administration d’une entreprise qu’au conseil municipal d’une ville en France.

Vincent Salimi précise : “Les élections ont lieu au mois de novembre tous les deux ans. Les cinq conseillers qui forment le City Council sont élus pour 4 ans, et prennent le siège de maire à tour de rôle pendant 12 mois chacun, à l’exception de l’un d’entre eux. C’est une façon de faire de certaines petites villes américaines. Ceux qui deviennent maire sont ceux qui ont eu généralement le plus de voix ; personnellement, j’ai terminé second sur la liste”.

Il ajoute : “Dans le cas de Pinole, le maire se retrouve ainsi à la tête d’une équipe de 130 employés municipaux. Son rôle consiste à organiser et superviser les tâches de l’équipe avec le City Manager, sorte de CEO de la ville, et à assister les autres membres du conseil municipal. Le conseil municipal me prend environ 10 heures par semaine”.

Les grands projets du conseil municipal pour les mois à venir sont : 

1° « La vaccination qui est une priorité et un challenge à la fois. Comme partout, tout le monde ne veut pas se faire vacciner mais nos chiffres sont encourageants.

Le développement économique de la ville. Nous avons donné des prêts de soutien pendant le confinement aux commerces de la ville et nous espérons que le tissu économique va se maintenir. Nous avons aussi bénéficié de l’aide du gouvernement et nous allons allouer 15% de notre budget annuel dans le cadre du Rescue Act. 

3° Ouvrir une nouvelle caserne de pompiers pour la communauté.

Changer la charte de la ville. Nous allons surement devenir une charter city, en opposition à une general law cityCes dernières sont gérées selon les règles de l’Etat de Californie alors que les charter cities sont gérées différemment avec des règles propres comme l’est San Francisco ou Richmond. Nous pourrons par exemple créer nos propres taxes pour augmenter les revenus de la ville ou encore envisager d’ouvrir notre banque municipale. Le volume d’activité de la ville nous permet de l’envisager« .

Vincent Salimi va entrer en fonction en tant que maire de Pinole le 7 décembre 2021 pour 12 mois. 

Pour conclure notre entretien, nous avons voulu savoir ce que représentait cette nomination pour lui : “Je suis né en Iran en 1980 à 7000 kilomètres de Pinole. Pour moi, c’est la concrétisation du rêve américain que je vis aujourd’hui. C’est une grande responsabilité, un grand honneur que j’apprécie énormément. Mon éducation française m’a aidé à devenir ce que je suis. Les Etats-Unis m’ont permis de mettre en valeur mes atouts acquis en Europe. Je suis une petite plante française qui s’est épanouie aux Etats-Unis”. 

Félicitations Monsieur Salimi. Quel modèle d’intégration !

Si vous passez près de Pinole qui se trouve sur la Highway 80, prenez le temps d’y faire une pause et de découvrir son charmant centre-ville.

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