Alamere gin vodkaBientôt trois ans qu’Olivier Souvestre connu, des habitués de Sausalito et de Marin County (L’Appart San Anselmo, le Garage et F3) travaille à son nouveau projet de distillerie de gin et de vodka appelé Alamere. 

On a essayé de comprendre ce qui a bien pu prendre à ce breton de faire des spiritueux ?

La réponse est en partie dans la nostalgie, ou plus exactement le souvenir de son grand-père. 

Le cidre étant pour ainsi dire l’alpha et l’oméga de tout breton qui se respecte, le grand père d’Olivier Souvestre n’échapait pas à la tradition et faisait son cidre chaque année avec les fruits de ses vergers ; mais il faisait aussi de l’alcool de pommes…

Et pour cela, il fallait faire appel au bouilleur ambulant qui se déplaçait de village en village avec son alambic. 

Le bouilleur de cru comme on les appelait, est un métier en voie d’extinction mais dont l’apparition remonte à … Napoléon ! En effet, il accorda au bouilleur de cru un privilège d’exonération de taxes pour la distillation de 10 litres d’alcool pur ou pour 20 litres d’alcool à 50° pour ses grognards. Ce privilège fut héréditaire jusqu’en 1960, puis progressivement supprimé, pour tenter de limiter le fléau de l’alcoolisme dans les campagnes mais aussi sous la pression des lobbies de grands importateurs d’alcool fort ou producteurs français.

Ainsi, fort de ses souvenirs d’enfance, de son exigence en tant que chef, Olivier Souvestre a décidé avec l’aide de sa femme Susannah, de monter une distillerie de spiritueux dans Marin County ; Alamere a ainsi vu le jour en janvier 2021.

Il a fait le choix de se doter de matériel d’exception et pour cela a passé commande d’un alambic Strupfler, la Rolls Royce des alambics à en croire plusieurs revues spécialisées. alambic Strupfler

Ces alambics, principalement en cuivre, sont produits artisanalement dans un atelier très confidentiel en Gironde (ce n’est d’ailleurs pas la peine de chercher le site Internet de cette société, il n’y en a pas) ! Pourtant ces artisans chaudronniers, fabricants d’alambics depuis quatre générations, exportent leurs petites merveilles bien au-delà de l’hexagone. 

Olivier Souvestre a du attendre deux ans avant de recevoir le sien en novembre 2020… Et comme on était en pleine pandémie, étant donné que le technicien ne pouvait venir de France pour l’assemblage, c’est Olivier qui a pris sa boîte à outils et qui a monté le tout à distance en visio.

Que l’on ne s’inquiète pas, ce type d’entreprise qui touche à la transformation de l’alcool est très surveillée et contrôlée ; l’alambic d’Alamere a reçu toutes les certifications nécessaires des autorités locales compétentes depuis. 

Mais que l’on ne s’y méprenne pas non plus, l’alambic en question n’est pas un joujou et peut distiller 800 litres d’alcool à la fois. Ce n’est pas une marotte, on parle ici d’un vrai business.

Olivier Souvestre a donc choisi de faire du gin et de la vodka avec une identité forte et un positionnement clair : utiliser des produits français. 

alamere French wheatEn effet, en plus du matériel, le blé qui sert à fabriquer sa vodka vient des plaines de Champagne en France. 

Néophytes et curieux à la fois d’en apprendre plus sur le gin et ses spécificités, nous lui avons demandé de nous expliquer la différence entre les centaines de gins qui existent sur le marché, et le sien.

Olivier nous confirme que “la base du gin doit être composée de baies de genièvre, ne serait-ce que pour que la boisson puisse s’appeler du gin mais que la secret sauce est ailleurs, elle réside dans les arômes que l’on ajoute au moment de la distillation”. 

Avant de se lancer dans l’aventure, il a passé du temps en Bretagne pour apprendre les bases et surtout comment gérer ces fameux arômes auprès d’une distillerie artisanale, la distillerie du golfe qui elle fait le gin H2B, à base de plantes du littoral.

Olivier a donc opté pour deux types de production, un London gin avec 13 ingrédients frais et secs (peaux d’agrumes et amandes de Californie entre autre), et une production à base de 12  ingrédients pour le Kaffir Lime Gin dont des feuilles de citron Kaffir, de la citronnelle… Mais on ne révélera pas ses secrets et encore moins le temps de macération de chacun des éléments… Il lui a fallut ses talents de cuisinier pour mettre au point les dosages, sans oublier le palais exigeant de sa femme. 

AlamereOn peut même avancer qu’il ne s’est pas beaucoup trompé sur cette première production : sa vodka et son London dry gin viennent de remporter la médaille d’or 2021 de la San Francisco World Spirits Competition qui comprend 3800 soumissions qui proviennent du monde entier  ! Un coup d’essai qui se transforme en coup de maitre.

Si vous avez plus de 21 ans, et que vous voulez goûter les alcools d’Alamere, rendez-vous sur leur site

Pour l’instant, ils expédient uniquement en Californie et ne vendent qu’en direct en attendant d’avoir accès aux réseaux de distribution traditionnels. Il est fort à parier que ces médailles d’or vont leur ouvrir des portes. alamere 2

PS : pourquoi ce nom d’Alamere ? Parce que la qualité de l’eau que l’on met pour produire les spiritueux a son importance sur le gout du produit final et qu’Alamere est une magnifique cascade d’eau douce sur la côte de Point Reyes. 

Bonne chance Olivier et Susannah Souvestre. 

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