(Mise à jour le 11 décembre) Depuis le 7 décembre, les restaurants ne peuvent à nouveau plus servir de repas ni à l’intérieur, ni à l’extérieur, et c’est donc le grand retour de la restauration à emporter, le fameux “take-out” à l’américaine… et avec lui, ses montagnes d’emballages à usage unique. 

On est tous ravis de profiter de la facilité et de la rapidité liées à la vente à emporter mais on ne peut s’empêcher de se poser la question du grand gâchis d’emballages que cela entraîne. 

Rappelons que ces emballages ne servent qu’une seule fois pendant environ 30 minutes, le temps d’arriver du restaurant jusqu’à notre cuisine. 

Bien sûr que si vous habitez San Francisco, vous vous dites sûrement que l’emballage en question terminera soit dans le bac vert du compost, soit dans le bac bleu du recyclage. Vous avez raison car la ville recycle ou composte 80% de ses déchets. C’est mieux que rien, mais combien de villes rien qu’aux Etats-Unis ont cette capacité et surtout cette volonté à recycler ? 

De toute façon recyclable ou pas, compostable ou pas, ce fameux emballage qui rappelons-le n’aura servi qu’une seule petite fois, aura nécessité de la matière première, de l’énergie et de l’eau pour sa fabrication, son transport et son recyclage.

C’est précisément ce problème auquel a voulu s’attaquer Lindsey Hoell, le CEO de Dispatch Goods. Le recyclage, c’est mieux que rien, mais éviter d’utiliser des objets manufacturés pour un usage unique, c’est tellement mieux.

Nous sommes allés à la rencontre de Blandine Avot, la directrice des opérations de cette start-up, une française installée depuis 2 ans à San Francisco. 

Il y a un peu plus d’un an -avant le confinement, Dispatch Goods démarrait son activité sur un modèle commercial d’entreprise à entreprise en travaillant en partenariat avec Yelp. 

Cette entreprise fait partie des quelques exceptions qui n’a pas de cantine afin de favoriser les petits commerces de proximité du centre ville… 

Malheureusement, les dizaines de salariés qui prenaient de la vente à emporter chaque jour, génèraient des montagnes d’emballages dans les poubelles de l’entreprise.

Pour la petite histoire, la ville de San Francisco est tellement volontaire dans sa politique de tri, de recyclage et de réduction des déchets qu’elle force les collectivités (entreprises, immeubles d’habitation multiples…) à embaucher des trieurs de poubelles pour rattraper les erreurs faites au niveau du consommateur… Trier ou payer, c’est aussi simple que cela. 

Emballages usage uniqueC’est là qu’intervient Dispatch Goods en proposant à Yelp de fournir à un certain nombre de restaurants situés à proximité de leur bureau, des bols en aluminium et silicone, qui pourraient servir plusieurs fois.

Concrètement, l’employé Yelp avait donc à sa disposition une liste de partenaires de son entreprise et pouvait aller acheter son déjeuner sans payer de consigne pour l’utilisation d’un bol à usage multiple. De son côté, Dispatch Goods se chargeait de récupérer les bols sales dans les bureaux de Yelp, de les laver et de les désinfecter selon des normes industrielles et de les relivrer prêts à être réutilisés par les restaurateurs partenaires. 

En six mois à peine, Yelp a évité à 5000 emballages à usage unique de finir dans ses poubelles. 

Tout cela fonctionnait bien, très bien même…. Mais le confinement, le travail à distance a complètement anéanti le modèle. Yelp n’avait plus de salariés dans les bureaux et Dispatch Goods plus de bols à collecter, nettoyer et à redistribuer… 

L’équipe de Dispatch Goods ne s’est pas démotivée pour autant et après avoir testé quelques modèles avec plus ou moins de succès entre avril et septembre 2020, elle a fini par s’adresser directement aux restaurants en leur fournissant des bols et autres contenants. 

Dispatch Goods s’est réinventé faute d’entreprise ou de collectivité à convaincre pour l’instant. 

Dispatch emballageDésormais, c’est le consommateur qui fait le choix de profiter du service ou pas. Il peut commander auprès des restaurants partenaires (Wooly pig, Vodoo Love, Mixt..) depuis le site de Dispatch Good et va récupérer son repas, ou il peut commander auprès de DoorDash pour une pizza Square Pie Guys qui sera livrée à domicile. 

Une fois le repas consommé, le client dépose le container sale là où il a commandé initialement ou Dispatch Goods lui propose de venir le collecter à domicile en lui fixant rendez-vous.

Le consommateur a le choix entre payer quelques dollars par commande ou s’offrir un abonnement mensuel auprès de Dispatch Goods.

La liste des restaurants partenaires évolue très régulièrement, n’hésitez pas à la consulter sur le site de Dispatch Goods et le partenariat avec DoorDash est lui aussi en pleine évolution.

J’entends déjà les sceptiques !!! Mais comment cette start-up peut avoir un modèle pérenne ??? Ce n’est pas tenable sur le long terme ces quelques boites à collecter et à remettre dans le circuit !!

Dispatch Emballages usage uniqueC’est sans compter sur la volonté de cette équipe qui ne manque pas d’estomac et d’ambition : Dispatch Goods a pour objectif de devenir l’opérateur de notre 4ème poubelle, celle qui contiendra tous les articles à usage multiple, containers, pack de glace, bouteilles et autres … qui envahissent notre quotidien. 

D’ailleurs si vous êtes abonnés au service Imperfect Foods, ils viennent d’annoncer que leurs packs de glace seront récupérés par leurs livreurs et recyclés par…  Dispatch Goods ! La prochaine étape, convaincre d’autres villes de la baie et au-delà.

Dernière minute – Zuni Café vient d’annoncer qu’à partir de maintenant, toutes ses livraisons à emporter, le seront dans des containers à usage multiple en partenariat avec Dispatch Goods.

Alors, oui c’est un pari osé et ambitieux que fait cette start-up mais elle s’attaque à un problème qui ne cesse de grandir. Nous leur souhaitons de réussir.

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