MerciSF ne partagera jamais d’opinion politique ou religieuse, mais nous pensons qu’il est important de permettre aux résidents qui n’ont pas la citoyenneté de mieux appréhender le système électoral américain car il souvent perçu comme obscur. Nous avons demandé à un citoyen américain (appelons-le Bill) de vous apporter une description éclairée de ce processus d’élection présidentielle.

Nous espérons que vous apprécierez et que cela vous aidera à comprendre la folie électorale à venir. Bonne lecture.

Tous les quatre ans, les Américains élisent (ou réélisent) un président.

Comme vous l’avez peut-être remarqué, les deux partis sont en train de désigner leurs candidats. Selon la tradition, le Parti républicain nommera le président en exercice tandis que les démocrates ont commencé à chercher leur(s) candidat(s) depuis déjà deux ans.

C’est l’équivalent d’une épreuve du feu dans laquelle plus de 20 candidats se disputent la victoire et un seul survit.

C’est spécifique au système électoral américain et particulièrement bizarre.

La plupart conviendraient que c’est beaucoup trop long et que cela coûte des centaines de millions de dollars. Et si le parti gère mal le processus, il peut laisser derrière lui une forme d’amertume, des dettes et le chaos. Cela peut même se concrétiser par l’élection d’un candidat « blessé mais capable de marcher » qui sera mal équipé pour lutter dans l’élection finale.

Du côté positif, le processus met en lumière les plus durs à cuire. En compétition mois après mois, État après État, le système met vraiment ces politiciens à l’épreuve. Les médias suivent ce concours de gladiateurs et les moindres erreurs peuvent être fatales. Donc, en théorie, vous vous retrouvez avec un candidat «coriace», et qualifié.

Alors, comment les démocrates feront-ils leur choix en 2020 ? Le Comité national démocrate (DNC) fixe les grandes règles et les partis démocratiques de chaque Etat organisent chaque concours.

REMARQUE : selon la Constitution américaine, presque toutes les élections nationales sont gérées au niveau des états. Cela peut générer de grandes incohérences et des résultats douteux. Les élus locaux forcément partisans (généralement le Secrétaire d’État local) dirigent les élections. Un exemple concret : lors des élections très controversées de 2000, Al Gore a perdu contre George W. Bush par une poignée de voix. L’élection nationale a été déterminée par les votes de l’état de Floride. Cette élection a été supervisée par un secrétaire d’État républicain très partisan. C’est une situation épouvantable mais ce « droit de l’état » fait partie du texte de la constitution, et est donc quasiment impossible à changer.

En 2020, les démocrates éliront 2267 délégués qui voteront pour les présidentielles. Les délégués sont sélectionnés de trois manières et la plupart des délégués, ceux que l’on appellera le premier groupe, sont élus dans les primaires de l’État. Ils font campagne sous la bannière d’un candidat spécifique et sont élus par les citoyens qui se sont déclarés démocrates (ou républicains si ces derniers devaient voter en 2020). Le système électoral américain est étonnement compliqué et byzantin. 

D’autres délégués sont sélectionnés par le « caucus de l’état ». Voici une liste complète des primaires / caucus dans les différents Etats. Dans ce cas, les habitants des états en question se réunissent dans les communautés locales et les «caucus». Dans une grande salle (généralement une salle de sport de lycée ou l’hôtel de ville), les citoyens débattent des problèmes et des candidats. Les votes ont lieu et le candidat qui a le moins de voix est éliminé. Ses partisans sont ensuite « courtisés » et invités à rejoindre un autre candidat. Un par un, les candidats sont éliminés et un gagnant émerge.

Le troisième groupe de délégués sont les «super délégués». Ce sont les démocrates «initiés» qui sont des politiciens déjà élus et / ou des membres du Comité national démocrate (DNC). C’est l’élite au pouvoir du parti.

Une fois tous ces délégués élus ou nommés, ils se rendent à la Convention nationale. Cette année, la convention aura lieu à Milwaukee, Wisconsin. Pourquoi Milwaukee ? Pourquoi le Wisconsin ? Les démocrates doivent remporter cet État, donc en apportant toute cette attention et cet argent au Wisconsin, ils espèrent gagner.

À leur arrivée à Milwaukee le 16 juillet, les délégués et les candidats qu’ils représentent, définiront leur « plate-forme » (la position écrite du parti sur toutes les questions possibles) – du commerce aux droits des transgenres. Pendant trois jours, la convention s’organise vers le vote final.

Le candidat qui remporte la majorité des vote gagne. Dans l’histoire récente, cela se produit au premier tour de scrutin, mais parfois cela peut prendre plusieurs votes car les candidats moins populaires sont éliminés et «donnent» leurs votes aux candidats restants.

Au premier tour, les délégués élus de chaque État doivent voter pour le candidat qu’ils représentaient en arrivant. Si la majorité n’est pas atteinte, le deuxième vote devient très intéressant. Les délégués élus peuvent alors voter pour qui ils veulent et maintenant les super délégués peuvent enfin voter pour la première fois.

C’est la politique sous son meilleur jour… ou le pire. Le «jeu des maquignons» peut se déchaîner. Dans de nombreux cas, cela se résume à : « que me donnerez-vous si je vous donne mon vote ou si je vous apporte plusieurs fois de ma délégation ».

À ce jour, il semble que la convention exigera plusieurs votes.

Merci Bill

 

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