Un interview de Gilles Lorand de San Francisco by Gilles, pionnier des visites guidées de San Francisco à pied et en français.

Son credo – des visites guidées de San Francisco à pied et en français.
Sa Promesse – Vous faire découvrir la « ville au bord de la Baie » autrement. Vous aider à la sentir, à la ressentir.
Comment ? En vous prenant par la main pour explorer un quartier, son architecture, son histoire, sa population…
Rencontre avec un passionné !

Comment et pourquoi San Francisco ?
Breton d’origine, j’ai commencé à travailler dans le tourisme comme guide à l’abbaye du Mont St Michel au début des années 90 ! J’ai travaillé ensuite près de 20 ans chez Disney (de la centrale téléphonique au service marketing). J’avais alors envie de changement, d’ouvrir un nouveau chapitre dans ma vie et je souhaitais notamment reprendre des études… C’est comme ça que j’ai atterri à San Francisco : j’ai trouvé une formation en pub et communication qui me plaisait à l’université de la ville !

Mais tu connaissais SF avant ?
Pas du tout ! J’ai vécu à New York City en 1989, je suis retourné plusieurs fois sur la côte Est mais je n’étais jamais allé à l’Ouest. Quand je suis arrivé à San Francisco, je n’avais aucune idée d’où je débarquais… J’avais un guide du routard en poche et quelques images en tête comme le Golden Gate Bridge ou la maison bleue. J’avais très bien préparé mon départ mais pas mon arrivée. Ça a donc été une grande surprise !

Quelles premières émotions ?
Je me souviens qu’il pleuvait. J’ai acheté un parapluie et j’ai commencé à me balader. J’en ai tout de suite pris plein les yeux. J’étais très impressionné par les rues en pente créant un véritable vertige. J’ai d’ailleurs gravé en mémoire ma première vision de California Street… En voyant cette rue, je me suis dit « Whaouh ». Puis les jours qui ont suivi, j’ai découvert ce ciel bleu unique, l’eau calme de la baie, les vagues d’Ocean Beach, les grands espaces, la nature omniprésente, le climat idéal, le mix des cultures, d’architecture… Le coup de cœur immédiat ! J’étais fasciné.

Comment se caractérise cette ville ?
San Francisco est une ville récente qui a explosé en 1849 avec une grande vague de migration, un mouvement humain pour aller dans les mines chercher de l’or. C’est une cité qui est sortie de rien. Aujourd’hui, ce n’est plus l’or qui attire les travailleurs mais la tech. L’histoire se reproduit !

Quel visage a-t-elle ?
SF, c’est une multitude de petits villages à côté les uns des autres, entre vallées et collines. À taille humaine et multi-ethniques (chinois, mexicain…). Sa géographie avec ses collines, la Baie, le Pacifique, les maisons victoriennes, son parc immense, et ses grands évènements comme le tremblement de terre de 1906, la façonnent.

D’autres signes distinctifs ?
Son avant-gardisme ! Ce n’est pas pour rien que les hippies, les Beatniks, les réactionnaires, les gays ou les transexuels se sont épanouis ici… Il y règne une ambiance tolérante et bon enfant. Il y a aussi beaucoup de célibataires qui aiment faire la fête. À savoir que les gens adorent ici se déguiser et qu’il y aurait autant de chiens que d’enfants !

Y a-t-il un revers à la médaille ?
Oui ! Si San Francisco est à la pointe de l’écologie, du bio ou du healthy, il y a aussi des contradictions. Beaucoup de problèmes sociaux notamment. Victime de son succès, la ville n’est plus du tout abordable et la flambée des loyers a mis à la rue de nombreux san franciscains. Ils n’ont pas de sécurité sociale et les maladies mentales comme les problèmes d’addiction sont  très visibles. Le quartier de Tenderloin est par exemple devenu un ghetto à ciel ouvert où la drogue pose un vrai problème.

Pourquoi se lancer dans des visites guidées en Français ici ?
Tout simplement parce qu’il en manquait ! J’ai testé tout ce qui existait comme tours. Des options souvent classiques et évidemment en anglais… Quand mes parents sont venus, je me suis dit que ce serait bien d’imaginer un produit plus sympa dans la langue de Molière. Un projet qui me permettait en plus de mettre à profit mon expérience et de combiner mes atouts.

Quelle est ton idée ?
Des randonnées urbaines pour s’imprégner des quartiers arpentés. Raconter leurs histoires et leurs populations avec authenticité ! L’objectif : faire vivre l’esprit des différentes communautés. Attention, selon les visites, les moyens de transports font partie du périple. Le cable car, c’est une expérience en soi. Ce qui m’intéresse, c’est de laisser du souvenir et plus qu’un guide, je me vois comme un « ami » qui fait visiter sa ville !

Tu proposes des balades partout ?
Presque ! Du centre-ville (Downtown), à ChinatownNorth Beach (le quartier italien), Alamo Square (et ses fameuses painted ladies), Haight-Ashbury (l’épicentre hippie), Castro (le quartier gay), la Mission, le Golden Gate Bridge, etc.

Y-a-t-il une visite « marque de fabrique » ?
La thématique sur le « Summer of love » dans Haight-Ashbury fonctionne très bien. On revient sur l’histoire du mouvement hippie, du LSD, de la Beat generation, du rock et de la révolution sexuelle. On parle musique, art, jeunesse. Les quartiers gay, Castro, et latino, La Mission, marchent bien aussi. L’histoire LGBT et du Sida sont mal connus et ces visites permettent de casser les codes de ce que l’on apprend dans les livres d’histoire !

Comment réagissent les Français ?
Ils ont souvent des préjugés sur les Américains et je passe pas mal de temps à remonter le fil culturel des deux pays pour les aider à comprendre certains décalages, à expliquer les us et coutumes, et à éclairer le fonctionnement local. Certains s’intéressent à Trump, mais j’évite de parler politique… Seulement pour expliquer l’histoire !

Encore des coins inexplorés ?
San Francisco évolue très vite. Par exemple, en ce moment le quartier chinois ne se renouvelle plus vraiment. La population est âgée et les jeunes vont ailleurs… La Mission, à l’inverse, bouge et se gentrifie. Bernal HeightsPortero Hill ou le quartier industriel du Dogpatch méritent le détour ! Moi, j’aime explorer, encore et toujours. Me perdre. Je marche d’ailleurs entre 20 et 25 kilomètres quotidiennement, un crayon à la main. J’adore cette ville, j’aime les détails et prendre le temps. Si je découvre une petite contre-allée, je l’emprunte ! Puis je note tout ça…

Quelques coups de cœur ?
En dehors des maisons victoriennes du côté de Haight-Ashbury, de Chinatown (l’un des premiers quartiers que j’ai découvert en arrivant), j’ai un petit plaisir : partir du Ferry building pour Sausalito. Je traverse la Baie en bateau et je rentre à pied dans mon quartier de Russian Hill

Merci Charlotte de Beyond the Bridge

 

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